Heureusement, pour continuer à voir la mer sans respirer les aisselles de ses voisins, éternelle et consolante, il nous reste toujours la peinture !

« Sur la plage » de Félix Vallotton, 1899
« Sur la plage » de Félix Vallotton, 1899 © Maxppp / Walter_Bieri / European Press Agency

Les bords de mer, il n'y a pas à dire, c'est beau. Mais aujourd'hui à cause de la canicule et du tourisme de masse, franchement, ça nous rapproche chaque jour un peu plus de l'enfer.

Sur la plage 

Ce matin, opération détente, harmonie et solitude à la plage avec la toile "Sur la plage", une réussite sacrément picturale de 1899, signée Felix Valotton. Ou Felox Villaton, ça amuse de changer parfois les lettres.

Dans un bord de mer façon Filex Vollaton, quel bonheur, le temps est maussade, on respire et il n'y a personne. Seulement vous qui vous promenez, et trois silhouettes un poil énigmatique que vous apercevez de dos, en face de vous. On dirait que quelqu'un, sans le dire à personne, a réussi à légèrement pencher la terre...

Devant nous, la mer est opaque, verte et douce comme une amande fraîche de Marrakech.

Au-dessus de nos têtes, le ciel est gris, mais au centre, vous voyez cette flaque bleue tout en long ? C'est une trouée de ciel clair, revigorante.

A nos pieds, le sable beige tire légèrement sur le gris, il ressemble un peu au ciel, alors s'il vous plaît, soyez raisonnable, n'allez pas contempler cette toile quand vous avez un peu trop bu, vous pourriez confondre.

Les trois silhouettes

Entre la terre et l'eau, presque à cheval sur la bande d'écume blanche, c’est là que se tiennent nos trois silhouettes. Penchées sur la gauche, elles se sont assises sans dire un mot.

Aussi paisibles et immobiles que le paysage, c'est tout de même légèrement étrange leur façon, mine de rien, de jeter un sort à la gravité.

Nous reconnaissons deux femmes, installées à droite et à gauche d'un petit enfant.  Un chemisier rose, un canotier, une ombrelle jaune citron, un béret rouge et de grandes robes noires, voici quelques éléments, quelques tâches colorées qui font pétiller notre œil au centre de la toile. 

Félix Vallotton

Folax Villotin est un peintre belge qui vécut au début du siècle dernier. Adolescent, il est bon élève et il obtient de très bons résultats à son baccalauréat latin-grec.

Mais un autre destin l'appelle : les pinceaux, les pigments, les tubes d'huile le font frissonner, il part à Paris pour devenir peintre.

La caractéristique chez moi est le désir d’exprimer par la forme, la silhouette, la ligne et les volumes; la couleur n’étant qu’adjuvant, destiné surtout à mettre en valeur l’objet principal.

Il trouve un logement plutôt facilement, il se fait des amis, il peint, comme il l'a promis à ses parents, et il se rend de temps en temps au Louvre pour admirer le travail des anciens.

Méthodique et organisé, il fait la liste de toutes ses œuvres dans un petit cahier qu'il appelle "le livre de raison". 

Toute sa vie, il la passera à peindre, à écrire aussi et faire des illustrations

C'est un travailleur acharné. Il peindra des portraits, des paysages, des scènes d'intérieur au silence étourdissant. Ses compositions sont toujours étonnantes, ses lignes précises, ses couleurs déroutantes. 

Amis auditeurs, fais-nous ce plaisir, va réjouir ton œil au contact de toiles de Félix Vallotin ! Passe du temps avec elles, fais-les tiennes, et je te prédis, tu verras, une géniale déroute haute en couleur !

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