Mauvaise nouvelle, mémé est à l'ehpad. Mais tout va s'arranger vous allez voir. Ce n'est pas n'importe quel ehpad !

"Jeux d'enfants" de Pieter Bruegel l'ancien, 1560
"Jeux d'enfants" de Pieter Bruegel l'ancien, 1560 © AFP / © Electa / LEEMAGE

La mort ? Oh, mais vous plaisantez ou quoi ? 

Ici, finie la vieillesse, l'incontinence et les chaises roulantes ! 

Nos amis les vieilles personnes redeviennent des enfants ! Elles courent partout comme des lapins Duracell, elles jouent et elles chantent à tue tête, exactement comme dans cette captivante toile : "Les Jeux d'enfants", une œuvre vieille comme le monde. 

Peinte en 1560, par le grand, le très grand (et très vieux aussi) Pieter Brueghel l'Ancien. 

C'est un pittoresque village brabançon où tout le monde s'amuse dehors, quand le temps le permet

Ils sont très nombreux à habiter les lieux. Impossible de les compter, ils sont tout le temps en train de bouger. 

Devant nous, un ensemble d'habitations de pierres grises avec de grandes fenêtres pour faire passer le soleil du matin. C'est un village cossu, aéré et confortable. Très moderne pour l'époque ! 

Partout, sur la grande place ou au milieu de la rue principale, mille jeux se déroulent intensément sous nos yeux.  

Ici on fait tourner son cerceau, là-bas on chevauche des barriques, on joue à cochon pendu, aux osselets ou à lancer des toupie ! Certains marchent sur des échasses, d'autres font des concours de poiriers. Saute mouton, colla maillard, c'est épatant ! 

Ces villageois connaissent les règles de tous les jeux du monde, ils les pratiquent avec vigueur et enthousiasme ! Les pointes de bleu, de rouge, de jaune soutiennent énergiquement cette activité débordante et étourdissante.

Brueghel aimait peindre la vie paysanne

Pourtant au XVIe siècle, ce n'était pas franchement la tendance. Ses tableaux fourmillent de monde et de détails enchanteurs et surprenants. Mais comme il maîtrise à merveille l'art de la composition, notre œil n'est jamais oppressé, ni saturé. Au contraire, il en redemande ! 

De la vie de Brughel, nous ne savons pas grand chose. Tout nous vient de Carel van Mander, un peintre flamand, comme lui, qui fut surtout son premier biographe.

Dans Het Schilder-Boeck, son "ouvrage biographique sur les peintres", Carel van Mander, écrit à propos de Brueghel, qu'il était "un homme tranquille, sage, et discret" ; mais que en société il aimait être amusant et surtout qu'il adorait faire peur à ses amis avec des histoires de fantômes et mille autres diableries …

Diableries, oui c'est vrai qu'il y en a un peu sur cette toile … Car comment font-ils dans cet ehpad magique pour redonner tant de vigueur et à nos camarades des temps anciens ? 

Nous ne voulons pas le savoir, que la mort un instant se soit éloignée, vraiment c'est déjà assez.
 

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