La peinture de Giorgio Morandi est déroutante autant que magnétique. Elle demande à ce qu'on la regarde longtemps … Très longtemps

Still Life (Natura morta), par Giorgio Morandi, 1946
Still Life (Natura morta), par Giorgio Morandi, 1946 © Getty / Mondadori Portfolio / Contributeur

Sur la table, il n'y a pas grand chose. Une boite en forme de fromage, une carafe, un cube et c'est tout. 

Ou peut-être deux boites en forme de fromages, un cube, deux carafe et c'est tout. Ou bien encore de trois carafes, deux boites en forme de fromage et c'est tout.

Ce matin, pour agrémenter et pimenter cette escale italienne, revenons non pas sur une peinture mais deux, trois, quatre, cinq, ou même dix … 

Bref, revenons sur les natures mortes de Giorgio Morandi, un grand peintre italien - mort, lui aussi, comme ses œuvres –un jour de Juin, à Bologne, en 1964.

Que peint Giorgio Morandi ? 

Quelques pots, des tasses, des bouteilles et parfois aussi des bols.

On pourrait penser : "Ce qu'il a sous la main, ce qu'il trouve au fond d'un placard ou ce qui traîne sur le bord d'une fenêtre". Mais ces objets du quotidien, il ne les peint pas n'importe comment.

D'abord, il les choisit précisément pour leur forme, leur volume, leur façon de transmettre la lumière. Parfois même, il les fabrique. Puis il les regarde. Il les pose côte à côte, les déplace, il travaille sa composition avec une absolue précision.

Pour les peindre, Morandi a créé dans son atelier un petit théâtre légèrement incliné. Devant cet ingénieux dispositif, il se place toujours à la même place : juste en face.

En fait, peinture après peinture, seule la lumière varie. Morandi est captivé par la lumière, c'est elle qu'il veut attraper.

Alors on la voit apparaître et disparaître, passer et repasser, sur les surfaces lisses et parfois granuleuses des objets de son petit théâtre du quotidien.

Ainsi on peut voir courir sur les bols, les tasses, les boites, toutes les heures du jour, du matin jusqu'au soir.

Les couleurs, elles aussi, sont d'une grande subtilité

On traverse les gris, les beiges, les blancs éclatants, les tonalités pales les plus douces, et puis aussi parfois quelques taches de couleur légèrement plus vives : un peu de vert, quelques bleus, et des formes rosées. 

Girogio Morandi observe méticuleusement les objets du monde comme pour s'assurer qu'ils existent vraiment 

Dis-donc le monde, est-ce que tu es encore là ?

Du moins, c'est comme ça que nous l'imaginons en train de peindre.

Ce grand maître Italien philosophait : 

Certains peuvent voyager à travers le monde et ne rien en voir 

Puis il ajoutait 

Il suffit de bien regarder ce que l’on voit

Et c'est ce qu'il a fait. D'ailleurs, il n'a pas jamais trop bougé

Giorgio Morandi est né à Bologne où il est resté toute sa vie. Et dans le même appartement en plus, un appartement qu'il partageait avec sa mère et ses sœurs via Fondazza.

Amis auditeurs, si vous vous rendez à Bologne cet été, d'abord, commencez par vous faire passer dans le gosier une somptueuse assiette de pâtes Al Ragu, ensuite, le ventre rempli, tout repu que vous serez, observez les objets autours de vous. 

Regardez les assiettes, les carafes, scrutez comment la lumière épouse leurs formes et leurs volumes … Comme si vous étiez à l'intérieur d'une peinture du grand maître Giorgio Morandi ….

L'équipe
Thèmes associés
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.