Partons à la poursuite de l'âme Belge"

ça va frissonner dans votre oeil 

Au sommet d'une immense tour, sortie d'on ne sait où, une dame vêtue de noir se retourne et regarde l'horizon. 

Regardez mieux. Est-ce véritablement une tour ? Non, c'est un escalier. Un escalier monumental. 

Ses dimensions sont déroutantes et atypiques, non humaines. Car enfin, qui peut gravir de si grandes marches et monter si haut ? 

L'escalier n'est pas le seul élément étrange de la toile. La femme à son sommet l'est aussi. Vision funeste ou bien tragique, la silhouette n'est pour le moins pas rassurante. 

C'est une vision étrange et perturbante : d'un côté, il y a cet amas de matière minérale et compacte et de l'autre le vide. C'est monumental, disons plutôt : vertigineux.

Est-ce que le lever du jour ou la tombée de la nuit ? Surement la nuit, mais une nuit blanche et poétique. Surréaliste et hallucinatoire. Une nuit à l'image de l'homme qui l'a peinte. 

Léon Spilliaert : un insomniaque qui se promène sur les plages d'Ostende

Léon Spilliaert est né à Ostende un 28 Juillet 1881. De nature inquiète et fiévreuse, il est insomniaque, il vit la nuit, il lit et il se promène sur les digues de cette jolie cité balnéaire flamande très prisée à la « belle époque » . 

Pourquoi la nuit plutôt que le jour ? Certes, il n'arrive pas à trouver les sommeil, mais il y a aussi des raisons esthétiques. 

La nuit, Léon Spilliart a des visions. 

Comme personne sans doute, Spilliaert sait déceler l'étrange dans chaque chose du quotidien. 

A la tombée de la nuit, la banale matérialité du monde se transforme en mystère. Sans parler, Spilliaert est polyglotte. 

Ou plutôt, on dirait qu'il parle la même langue que toutes les choses de ce monde. Dans une étrange forme de communication très poussée, il arrive à sentir l'âme de toutes les existences – même non animées. 

Les plages, les espaces désolés, les bouteilles, les boites : tous, une fois plongés dans l'obscurité lui ouvrent son âme. 

Léon Spilliaert en n'a pas besoin de grand chose pour construire ses puissants paysages : de l'encre, des feuilles de papier, des crayons. Et c'est tout !

Où frissonner devant cette vertigineuse toile? 

Vertige, l’escalier magique, Leon Spilliaert, 1908, Ostende, Museum voor Schone Kunsten

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