Faites confiance à Rubens et tout vous saurez tout sur l'art de vous mettre la tête à l'envers !

La foire, de Peter Paul Rubens (1577-1640).
La foire, de Peter Paul Rubens (1577-1640). © Getty / DeAgostini/Musée Du Louvre.

Ohhhhh qu'il doit être difficile ce réveil ce matin, en ce samedi 15 juillet, lendemain du 14 Juillet et de son sacro-saint bal des pompiers !!! Mais malheureux, si vous croyez seulement avoir godaillé et fait la ribouldingue hier soir, vous vous mettez le doigt dans l'œil, la fête, c'est Rubens qui l'a inventée et il l'a même peinte, à la toute fin de sa vie, vers les années 1635, dans une toile qui s'appelle la Kermesse .

Avec sa Kermesse, Rubens nous amène dans ces beaux paysages plats et calmes comme seule la Flandre a su nous en donner. Il fait beau, il fait bon, les nuages sont hauts, tout au loin on aperçoit un clocher. Ma foi on est plutôt bien … Tournez la tête, que voyez-vous ? Surprise ! Mais oui, mais c'est une fête !

Sous nos yeux, croyez-moi, on se livre à une grosse et franche gaité. On a tout juste fini de déjeuner, le bal vient de commencer. A droite on danse frénétiquement à la gloire de Vénus, à gauche, on célèbre Bacchus. Aucun détail grivois ne nous est épargné : C’est cru, c’est baroque et ça nous vient du Nord .

La cervoise coule à flot, on chante, on trinque, on vomit, on se soulage accroupi par terre, on s'endort sur les tables parce qu'on est ivres mort, et surtout on se touche. Ma parole, ce petit monde, échauffé par les vapeurs de vins, ne se donne pas que d'une seule fesse. Comme des enragés, ils s'embrassent à pleine bouche, les mains s'accrochent férocement aux fesses, aux cous, aux sexes ... Bref à tout ce qu'on peut agripper et goûter de l'autre.

C'est la vie qui déborde et n'a pas de temps à perdre sinon à prendre du plaisir. La peinture est rythmique, elle va vite, elle est saisie sur le vif, dans un tourbillon effréné que viennent accentuer la vitalité des couleurs : des rouges, des bleus, des verts qui font exploser la toile comme une grosse fleur presque trop odorante. Et le temps d’une fête dont on se souviendra on oublie la dèche, les galères et les peines de la vie …

Merci à la documentation du Musée du Louvre.

La Kermesse se laisse admirer au Musée du Louvre.

►►► Pour aller plus loin, L'atelier de Rubens, in Libération.

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