Au mariage de tante Fabiola, ça ne va pas du tout. La vieille bique ! Elle a encore trouvé un moyen de vous jouer un vilain tour.

"Saint Jean-Baptiste", un tableau de Léonard de Vinci conservé au Musée du Louvre à Paris. Huile sur bois, 69x57 cm, 1513-16.
"Saint Jean-Baptiste", un tableau de Léonard de Vinci conservé au Musée du Louvre à Paris. Huile sur bois, 69x57 cm, 1513-16. © AFP / Luisa Ricciarini / Leemage

Placé à la pire table, juste à côté de l'escalier qui mène aux toilettes, vous ne comptez plus le nombre de personnes venues vous dire : "excusez-moi, les toilettes, c'est bien en haut ?"

Et vous, fatigué de rabâcher cent fois la même rengaine, vous levez votre index dans les airs pour confirmer sans même parler que oui, ainsi qu'il est écrit sur le panneau juste derrière. Les toilettes, c'est bien en haut.

Le doigt en suspension atmosphérique, surtout ne bougez pas car vous ressemblez fort à l'une des plus belles toiles du monde : "Le Saint Jean-Baptiste", peinte dans les années 1513 – 1516, par l'un plus grands peintres du monde : Leonardo Da Vinci

Saint Jean-Baptiste

Saint Jean-Baptiste a le visage agréable et très doux. Il ressemble à un ange. Ses longs cheveux châtains lui tombent sur les épaules en faisant des mini-cascades extrêmement gracieuses.

Il apparaît d'un fond sombre, comme par magie. D'ailleurs, on dirait que la toile tout entière est saupoudrée d'un halo magique … C'est très beau n'est-ce pas ? Et en plus, ça porte un nom ! Le sfumato !

Le sfumato, qu'est-ce que c'est ? C'est une technique que notre grand maître maîtrisait comme personne.

C'est cette façon qu'il avait de restituer les contours avec un soupçon de mystère, ils sont comme enveloppés d'un voile vaporeux ce qui rend les toiles et les personnages dedans éminemment évanescents.

Saint Jean-Baptiste n'est peut-être pas votre type, mais reconnaissons-le : c'est un très bel homme. Ou disons plutôt, une très belle personne. Car en réalité, on ne sait pas très bien s'il s'agit d'un homme ou d'une femme.

Leonardo Da Vinci  se fiche bien de la question du genre

Homme ou femme qu'importe ! Comme l'écrit le très fameux critique d'art Eugène Muntz, en 1899, : 

Ici Léonard ne demande rien au sujet, il le caresse

Et cela se voit ! Notre œil ne cesse d'être enchanté par la douceur et la sensualité des traits de ce si joli modèle.

D'ailleurs, d'où vient-il ? D'où proviennent ce visage et cette grâce napée de mystère ?

Le Vinci – ainsi qu'il est connu dans certains milieux dangereusement interlopes – fait se rencontrer le réel et l'imagination. Il combine avec talent ses visions intérieures et les modèles trouvés dans la nature.

Pour peindre son splendide Saint Jean-Baptiste avec ses cheveux de rêve, notre peintre s'est aussi inspiré d'illustres modèles antiques. Ainsi, on reconnaît dans ce visage et ce torse à croquer : un peu d'Apollon, un peu de Bacchus et aussi un peu d'Hermaphrodite.

A voir ce Saint Jean-Baptiste, on dirait bien, oui une vision qui s'est échappée d'un rêve.

Je crois, je sais, que le temps est venu de se préparer à une rencontre magique. Dans les prochaines semaines tu vas rencontrer un personnage enchanteur comme sorti d'un rêve !

Comment pourrais-je le savoir ? Eh bien parce que cette année tu vas parcourir les monts, les flots, les autoroutes ! Tu vas en rencontrer du beau monde ! Et si tel n'est pas le cas, et bien, tu peux toujours passer une petite annonce dans le journal : "cherche Saint Jean-Baptiste pour animer façon 'sfumato' toutes mes visions intérieures."

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