Cette chronique s'adresse à toi si tu existes, le jeunot ou la jeunette qui écoutes France inter !

"Le bouffon au luth" de Frans Hals, 1623
"Le bouffon au luth" de Frans Hals, 1623 © Getty / H. Armstrong Roberts/ClassicStock / Contributeur

C'est les vacances, tu as quinze ans, tu t'apprêtes à partir au camping de la Bourboule-les-Pins et cette année encore, tu emportes avec toi un sulfureux  secret, cet été tu veux "faire grimper la température". Et pourquoi pas, si ça se passe bien : "te perdre dans le jardin des délices ".

Mais, un problème … Tu ne sais pas jouer de la guitare … Et il est vrai que sans guitare, il y a beaucoup moins d'interactions le soir sur la plage au coin du feu.

Pas de panique ! Les grands peintres du passé ont pensé à toi ! 

Comment se faire des amis et plus si affinité ? Comment devenir un parfait gourgandin grâce à ta guitare ? C'est le secret que veulent te révéler ce matin Frans Hals et sa toile "Le bouffon au luth".

Le bouffon au luth ?

Sur un fond beige et plutôt neutre, un jeune homme à la tignasse un peu folle s'est saisi d'un joli luth en bois clair. La main gauche sur le manche, la main droite occupée à pincer quelques cordes : il est en train de jouer.

Le visage légèrement penché sur la droite, il nous ravit avec ses pommettes roses, son air jovial et ses yeux malicieux ! Nous apprécions sa spontanéité rafraîchissante, sa joie contagieuse pleine d'assurance.

Un sourire ...

Le regard glissant vers le coin supérieur droit, il a réussi, semble-t-il à établir le contact avec quelqu’un ou quelqu'une. Il sourit. C'est sûr, il se régale.  

Faut dire aussi qu'il attire tous les regard : représenté à mi-corps au centre la toile, on ne voit que lui ! C'est vraiment : "le roi de la soirée".

Un petit air de disco ! 

Posons le disque sur le truc noir qui ressemble (à s'y méprendre) à la machine qu'ils utilisent dans les restaurants pour faire cramer les crêpes : BOB DISCO.

Frans Hals est un peintre baroque et surtout hollandais. Avec son "bouffon à la guitare", il signe un portrait de genre et non pas un portrait. Vous voyez la différence ? Oui ? Non ? Non ? Bon.

Le portrait 

Le portrait était un genre réservé à la noblesse ou aux personnes bien nées.  A l'intérieur de rectangles picturaux – plus ou moins réussis et aux formats divers -  ils s'amusaient à marquer leur position sociale grâce à des poses statiques et protocolaires.

Ici, nous sommes face à un personnage du petit peuple : un bouffon comme l'indique le nom de la toile. Et franchement, que peut-on espérer d'un bouffon ? Et bien … bien des choses en somme.          

Quand un homme vous a donné d'incomparable joies, par ses écrits, par sa peinture ou sa musique ... C'est inouï ce qu'on lui doit.

Mettant souvent en scène des paysans un peu buveurs ou des jeunes gens très joyeux, le portrait de genre servait de point de départ à élaboration d'une cogitation à haute teneur morale sur les sens, leurs plaisirs et leurs dangers.

Joyeux auditeur de France inter, bien loin de nous l'idée de te servir ce matin une vilaine soupe morale. 

Néanmoins sois malin, sois prudent, prépare-toi et fais les bons choix : Si tu pars en bateau, ne prends pas ton vélo – ce serait franchement stupide – mais si tu pars en soirée, sors protégé !

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