Tous les dimanches, on fait le tour de l'Europe en peinture ! Ce matin, direction le Danemark !

Bienvenue dans une peinture de Vilhelm Hammershoi

C'est un cabinet de bois clair, coincé entre deux portes. Ici règnent le blanc, le gris, le noir. La pièce est vide, plongée dans une étrange clarté, une douceur inquiétante. 

Surtout ne faites pas de bruit, une femme est là devant nous, de dos, vêtue de noir, assise sur une chaise blanche. La femme est immobile. 

On ne voit ni son visage ni ses mains, seulement son cou, son cou blanc, presque beige, un peu jaune. 

A-t-elle remarqué notre présence ? Sait-elle seulement que nous sommes-là ? Et si tout d'un coup, elle se retournait, qu'aurait-elle à nous dire ? 

Mais la femme ne bouge pas. Elle ne fait aucun bruit. Est-elle vivante ou bien revenante ? S'agit d'un fantôme ? Appartient-elle au temps qui passe ou bien à l'éternité ? 

C'est le pays du temps qui ne passe pas

A sa gauche, une table carré, de bois brun, impeccablement cirée. Devant elle, une porte blanche, grande ouverte. 

Elle donne sur un petit corridor qui conduit à une autre pièce et tout au bout, il y a une fenêtre : douze petits carreaux disposés tout en long et qui laissent passer, vous la voyez ? Une grande tache de lumière.  

Là-bas, derrière la fenêtre, c'est le monde, l'extérieur. Le tumulte des temps, de la vie, de la rue. 

Mais ceci ne nous regarde pas. Ici, nous sommes à l'intérieur dans le pays du temps qui ne passe jamais. Ici le temps flotte. Ou bien c'est peut-être que que quelqu'un l'a mangé ? 

Peindre pour s'approcher de l'essence des choses

Vilhelm Hammershoi est un peintre danois. Entre 1900 et 1909, il vit à Copenhague, il ne peint qu'une chose, les pièces de son appartement. Neuf ans à peindre son appartement ? Diable, mais pourquoi ? Cet homme était-il fou ? 

Vilhelm Hammershoi cherche à atteindre l'essence des choses, il veut cueillir la présence dans ce qu'elle a de plus pur. Il peint le vide, le vide, le vide …et la beauté du silence.

Il dépouille le réel, couche après couche comme un oignon métaphysique. Quand il peint il enlève, il retranche, il épure. 

Dans les intérieurs de Vilhelm Hammershoi, les pièces sont toujours vides et il ne se passe jamais rien. 

Rien ... Ou presque. Les pièces sont vides mais non point abandonnés. Elles sont habitées par des femmes, par une femme : son épouse, Ida, qu'il représente presque toujours de dos, vêtue de noir, le chignon tout en bas, dans le creux de la nuque.

Et pourtant ... Il aimait voyager !

Qui l'eut cru, cet homme pourtant a voyagé : il est allé en Italie, en Allemagne, en France et dans les pays du Nord. On n'en trouve aucune trace sur ses peintures.

On n'a jamais vu ça : un peintre à ce point allergique aux influences extérieures ! Rien n'agit sur lui que ce qu'il provient de l'intérieur. 

Ami auditeur, toi qui cherche à laisser une trace folle sur ce monde tout en sauvant la planète, garde-toi cet été de parcourir le monde en avion, en camion ! Reste chez toi, plonge en ton fort intérieur, cire une table, assieds-toi sur une chaise ... Là, tu découvriras de grands secrets, et au pire … Au pire … Et bien …. tu finiras par t'endormir !

ACTUALITE : 

« Les portes ouvertes : intérieur avec femme vêtue de noir sur une chaise blanche » de Vilhelm Hammershoi. 

L'exposition "HAMMERSHOI LE MAÎTRE DE LA PEINTURE DANOISE", jusqu'au 22 Juillet au Musée Jacqumart - André, 75008 PARIS. 

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