Un élan recueilli par un chasseur et un cheval qui voulait être exceptionnel...

Couvertures des deux livres
Couvertures des deux livres

"L’Élan Ewenki", de Blackcrane et Jiu Er 

Nous sommes dans les forêts du grand nord de la Mongolie intérieure, en Chine. Dans ces forêts les Ewenkis vivent de l’élevage du renne et de la chasse. Guéli Shenké, vieux chasseur expérimenté, se trompe en tirant sur un élan. Il tue une mère allaitante. Et n’avait pas vu son bébé tapi dans les buissons.

Petit élan suit le chasseur au campement, apprend à se nourrir de riz et de lait des rennes. Il grandit, devient plus grand que les rennes de la tribu, doit quitter la tente de Guéli Shenké. Au cœur du troupeau, cherchant sa nourriture, il pense sûrement qu’il est un renne lui aussi. 

Le vieux chasseur sait que son élan ne s’habituera jamais au monde des gens de la vallée. Vieillissant, il l’emmène dans la grande forêt primaire laissée intacte par les humains. Il doit s’en séparer

L’histoire commence comme celle de Bambi et se poursuit par 'le vieil homme et l’élan' car une incroyable affection relie ces deux êtres même avec une séparation obligée. Un grand et bel album.

"Steve, un cheval exceptionnel", de Kelly Collier

Il bombe fièrement le poitrail, son poil est soyeux, et affiche un sourire satisfait : voici Steve. 

Un bon cheval. Mais il voudrait être plus que ça. Il voudrait être exceptionnel. Il peut dès lors compter sur sa chance, qui va exaucer son souhait le plus cher :  un beau jour, alors qu'il se balade en forêt, Steve tombe sur une magnifique corne en or.  Après l'avoir inspecté de toutes parts, Steve tire une conclusion réjouissante : pas de doute, cette corne va le rendre exceptionnel !

Il la noue autour de sa tête, et file parader devant ses copains, tout en se montrant un poil prétentieux :

Bob tu devrais vraiment te trouver une corne, toi aussi, parce que je te trouve un peu... banal.

Le Bob en question est un raton laveur qui n'a pas l'intention de se laisser moquer : 

Steve, je te signale que tu n'as pas la moindre corne en or sur la tête. Tu n'as rien d'exceptionnel.

Steve panique, sa corne ne se dresse plus fièrement sur son crâne ! Il l'a perdue ! Il se met à la chercher partout en chouinant, et tout cela finit par lui donner soif : et là, croyez-le ou non... là dans l'eau, Steve aperçoit sa magnifique corne en or. 

Sans grande assurance, il plonge pour essayer de l'attraper, et quand il revient à la surface, bredouille, sous les yeux des autres animaux, il fait un constat accablant : maintenant, tous ses amis ont un truc exceptionnel sur la tête. Et pas lui !

Kelly Collier offre ici un album d'une impertinence légère et réjouissante, portée par une palette graphique restreinte (des personnages croqués en noir sur du blanc, teintés de beige, et de doré, évidemment) permettant à l'illustration d'être vive, immédiate, et efficace. Un livre pour ne pas trop se prendre au sérieux, mais pour être quand même un peu fier de ce que l'on est.

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