Millie veut obstinément un chien, et Thomas fait face à la mort de sa maman

Couvertures des livres jeunesse "Thomas" & "Je veux un chien"
Couvertures des livres jeunesse "Thomas" & "Je veux un chien" © Éditions Deux / Éditions Pastel

"Je veux un chien, et peu importe lequel", de Kitty Crowther

Millie, petite fille comme les autres, n'aime ni se lever tôt ni aller à l'école. Mais elle a un rituel au petit déjeuner ; une question qu'elle pose inlassablement à sa mère : 

"Est-ce que je pourrais avoir un CHIEN ?"

C'est son souhait le plus cher. Il pourrait être grand, petit, frisé, rigolo, bizarre, ridicule : qu'importe.

"Un GRAND chien ! Fort comme Papa pour me protéger (…) Un chien à poil long qui te ressemble. Aussi gentil et adorable que toi."

Quel que soit l'argument, la réponse est la même : c'est non. Quelle frustration !

A l'école, Lucette, Georgette, Léa, Mauricette, Maude, Diane et Odette ne font que parler de leurs chiens, chienchiens, chiens, chienchiens, chiens.

Ce dimanche, elles se donnent rendez-vous au club des DOGS avec leur chien préféré. Et ça, ça rend Millie très triste...Jusqu'au lendemain matin. 

"Maman, est-ce que je pourrais avoir un chien ?"

Quand soudain : le miracle se produit !

"OUiii !!! Mais on va le chercher dans un refuge pour chien !"

En s'emparant du matériau narratif fertile qu'est l'obstination de l'enfant quand il veut quelque chose, et surtout quand il s'agit d'un animal de compagnie, Kitty Crowther bâtit son histoire en jouant sur l'attendu et l'inattendu. 

Elle révèle des situations tour à tour émouvantes, surprenantes, voire complètement saugrenues. Et au cœur de toute cette ardeur, il faut souligner sa sensibilité pour la cause animale, l'adoption en refuge, et le soin à apporter à l'animal, qui permet de le comprendre... au sens figuré comme au propre dans cette histoire.

"Je veux un chien, et peu importe lequel", de Kitty Crowther, Editions Pastel / A partir de 6 ans

"Thomas", de Martine Arpin et Claude K. Dubois     

"Quand ils ont creusé un trou dans la terre pour y déposer ma maman, ils ont aussi creusé un trou dans mon cœur. Un gros trou vide, aussi profond que l’océan."

Thomas a 5 ans, sa maman est morte.

Alors, il marche, marche dans la ville. Il doit bien y avoir quelqu’un qui savait comment réparer les cœurs brisés.

Il rencontre la couturière. Sa maman disait qu'elle avait des doigts de fée.

"Je rapièce les pantalons troués mais les cœurs brisés… je ne sais pas".

Puis, il va chez le docteur. Maman disait qu’il guérissait tout.

"Mon petit Thomas, un cœur brisé ce n’est pas comme une coupure au doigt, je n’ai pas de pansement pour ça."

Puis, il va chez le menuisier, il savait tout faire, disait-elle.  

"Un trou dans le mur, je sais faire, mais je n’ai pas les outils pour un trou dans le coeur."

Chemin de deuil vers des gens qui connaissaient sa mère et qui tous réparaient. 

Une belle force d’évocation dans ce livre, une lecture douce avec les crayonnés, justes et sensibles, très peu de décor. 

Il y a du Ernest et Célestine dans le travail graphique, c’est-à-dire l’émotion en force directrice, avec toujours en filigrane la fragilité et l’étonnement face au monde qui nous entoure.  

Un chemin de deuil et de lumière à hauteur d’enfant.

"Thomas", de Martine Arpin et Claude K. Dubois, Editions D’eux / Dès 5 ans

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