. Patrick Pouyanné est le dirigeant de Total depuis 2015, année au cours de laquelle il a remplacé Christophe de Margerie, brutalement décédé dans un accident d’avion.

Patrick Pouyanné au SPIEF 2021
Patrick Pouyanné au SPIEF 2021 © Getty

Le groupe, qui est un des plus grands en France, a subi les conséquences de la crise du Covid : il a réalisé un chiffre d’affaires (mondial) de plus de 200 milliards de dollars en 2019, lequel a chuté à 140 milliards en 2020 (avec une perte de 7 milliards) mais qui devrait revenir à son niveau pré-crise cette année, indique son patron. Ce jeudi, Total Energies a annoncé un résultat bénéficiaire de 2,2 milliards pour le deuxième trimestre.

Ces derniers mois, Patrick Pouyanné a imprimé un virage énergétique au groupe qu’il a rebaptisé Total Energies : d’ici 2030, la part du pétrole aura baissé, au profit du gaz et des énergies renouvelables (le solaire notamment). Cette évolution, plus rapide que chez ses homologues américains, est jugée insuffisante par des ONG mais le PDG la défend ardemment dans cet entretien.

Patrick Pouyanné est interrogé sur l’évolution des prix des carburants, qui ne devraient pas « monter beaucoup plus qu’aujourd’hui »

Des prix qui sont la conséquence d’un prix du baril de pétrole en moyenne à 65 dollars depuis le début de l’année. La hausse des cours s’explique également, explique-t-il, par l’arrêt relatif des investissements en 2020.

Pour la France, avoir un groupe pétrolier qui se classe au 7ème niveau mondial, c’est un « atout », ne serait-ce que pour la sécurité d’approvisionnement.

Si le dirigeant n’a aucun doute sur le « dérèglement climatique » et considère que « l’accord de Paris doit être pris à la lettre », il « peut y avoir des débats, des divergences » sur « le rythme auquel on peut réaliser cette transition énergétique ».

Il assure notamment que la planète aura encore longtemps besoin de pétrole : « même dans le scénario à 1,5°, en 2050, quand on devra avoir atteint la neutralité carbone, les derniers scénarios de l’Agence Internationale de l’énergie disent qu’il y a encore 25 millions de barils de pétrole produits (par jour, NDLR), un quart de ce que l’on produit aujourd’hui, (même si, NDLR) c’est une énorme chute, et il y a à peu près autant de gaz naturel ». Dans les 10 prochaines années, il n’y aura pas une forte baisse de la demande de pétrole.

La stratégie de son groupe est de pousser les feux sur l’électricité, dont la demande va s’envoler, et sur les énergies renouvelables, secteur dans lequel il assure vouloir être dans le top 5 mondial en 2030 grâce aux moyens financiers dont il dispose.

Trois étudiants ou jeunes actifs participent à cet entretien : Robinson Bacle, Léa Munich et Melvin Poyet.

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