Et, ce n'est pas une histoire du jour mais des histoires. Des histoires de mouvement de salariés qui se "radicalisent" en cette période. On pense, bien sûr, à Caterpillar à Grenoble : 4 membres de la direction sont toujours "retenus" par des grévistes. Hier, pour François-Henri Pinault, le patron de PPR, le mauvais moment aura été plus court : une heure bloquée dans son taxi, à la sortie du Comité d'entreprise de son groupe. Ses salariés, ceux de la Fnac et de Conforama, protestant contre les suppressions de postes prévus : 1200, au total. On se souvient de 3M à Pithiviers. De Sony, dans les Landes. Le journal "Le Monde" raconte, aujourd'hui encore, l'histoire de ces salariés qui ont forcé leur patron à manifester, avec eux, fin janvier, à Auxerre, vêtu d'un tee-shirt où était incrit le nombre des emplois supprimés dans son usine. Le patron s'est senti, évidemment, "humilié". Ce type d'actions, radicales, violentes, c'est clair, désormais se multiplient. Et le problème (si on peut dire), c'est qu'elles paient ! Chez 3M, chez Sony, la séquestration des patrons a débouché sur des avancées significatives. En tout cas des promesses. "Des conflits durs, il y en aura de plus en plus" confirme Jean-Claude Mailly de Force Ouvrière. Qui ajoute "nous les soutiendrons". Nicolas Sarkozy affirmant hier, que "la crise est trop grave pour qu'on se permette un Sommet du G20 pour rien, sans résultats concrets", c'est aussi une manière de dire -de craindre !- un emballement incontrôlé du mouvement social, en France. A l'oeuvre en tout cas, il y a une sorte d'équation imparable : multiplication des plans sociaux + polémiques, répétées, nourries, sur le salaire des patrons = radicalisation des salariés. Des salariés qui ont le sentiment, souvent, d'être les seuls à payer cette crise. De bonnes nouvelles, en ce 1er avril. Il y a d'abord la baisse des tarifs du gaz : -11,3%, à partir d'aujourd'hui. 11 millions d'abonnés concernés. Cette baisse arrive (il faut quand même le dire), un peu tard : après l'hiver, et surtout après une hausse de 15%, l'année dernière. Le minimum vieillesse est revalorisé, en ce 1er avril : 40 euros de plus, à 677 euros. Revalorisation, également, de l'allocation adulte handicapé, des pensions de retraite et des retraites complémentaires. Enfin, c'est à partir d'aujourd'hui que les nouveaux chômeurs, ayant travaillé entre 2 et 4 mois seulement (les jeunes, les précaires), obtiennent le droit à une aide exceptionnelle de 500 euros. Envoi ce mois-ci encore d'une "rallonge" de 200 euros, cette fois-ci, pour les plus modestes, Rmistes et futurs allocataires du RSA. Pour le gouvernement, toutes ses mesures constituent autant d'actions pour soutenir le pouvoir d'achat, en cette période de crise. Toujours plus noir. La crise, au menu du G20, demain à Londres. Hier, l'OCDE et la Banque mondiale ont rappelé l'urgence en révisant, une nouvelle fois, à la baisse leurs prévisions de croissance. Pour la France, le recul pourrait être de plus de 3%, cette année.

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