Ca s'appelle un scoop: le journal "Les Echos" publie, ce matin, dans le détail, le tout dernier bilan du bouclier fiscal. Les chiffres 2009 du bouclier. Qui ne sont pas, encore, officiels, et dont la publication (ce sont les Echos qui le disent) a été retardée pour ne pas gêner la majorité, en pleine campagne des Régionales. Voilà donc, les derniers chiffres "tout chauds" du bouclier. En 2009, 16 350 ménages français en ont bénéficié, c'est un peu plus qu'en 2008. Au total, le dispositif a coûté 585 millions d'euros, c'est moins que prévu initialement, la crise a pesé. En moyenne, les "Français au bouclier" ont reçu un chèque, de la part du fisc, de 35 800 euros. Une moyenne, évidemment, qui ne veut rien dire. Qui cache de fortes disparités, et qui permet tous les commentaires. A n'en pas douter le gouvernement va mettre en avant le fait que 2 tiers des bénéficiaires du bouclier fiscal, sont des gens modestes. Qui appartiennent aux 2 premières tranches de l'impôt sur le revenu. La Gauche, elle, va concentrer ses tirs sur l'autre vérité toute aussi incontestable du bouclier: ce sont les plus riches qui s'accaparent la plus grande part du gâteau. Un peu moins d'un millier de ménages (ceux qui affichent, en fait, un patrimoine supérieur à 16 millions d'euros) se partage les 2 tiers de l'argent consacré au bouclier fiscal. Ca donne un chèque moyen, pour ces ménages français très fortunés de plus de 360 000 euros! C'est, donc, ce dispositif (avec ce bilan) que Nicolas Sarkozy, hier soir, a refusé de remettre en cause, devant les parlementaires UMP qu'il recevait. "Ne touchez pas au bouclier fiscal" a dit le Président de la République. Au nom de la lutte contre la fuite des capitaux français, à l'étranger (le bilan, pourtant, est contesté). Au nom encore, d'une justice fiscale que la majorité définit ainsi: limiter à 50% le montant maximum que l'Etat peut réclamer à un contribuable. A l'UMP, malgré toutes les critiques qu'on entend ces derniers jours, tout le monde est plutôt d'accord avec ce principe: "C'est un plafond, fixé pour les impôts, voilà tout... et la Gauche (c'est vrai) en avait fixé un, aussi, en son temps! Le problème, c'est que bouclier fiscal, c'est un système qui marche quand les impôt baissent. Or, tout le monde en convient ou presque, on se dirige plutôt vers une hausse, dans les années qui viennent. D'où le blocage actuel. Et un premier pas finalement de Nicolas Sarkozy, hier soir, derrière l'affichage de fermeté: le Chef de l'Etat a accepté le principe de modifier à la marge son bouclier fiscal si, par exemple, la réforme des retraites qui arrive, devait se traduire par une hausse des cotisations sociales. C'est un changement notable. (Pour être correct, le Figaro publie, également, ce bilan. Mais les grandes lignes seulement. Pas le détail.) La dette publique française frôle les 1500 milliards! Ces estimations ont été publiées hier, et elles disent tout de la crise que nous avons vécu. Et que nous subissont encore. Le déficit public représentait, fin 2009, 7,5% de la richesse produite en France (le PIB). C'est un peu moins que prévu, mais c'est beaucoup pluss, en revanche, qu'un an plus tôt: fin 2008, on était à 3,3%. Déception chez Heuliez. Le repreneur turc Alpan Manas a annoncé, hier, qu'il ne souhaite prendre, finalement que 15% du capital de l'entreprise. Ce n'est pas assez pour assurer son avenir. L'équipementier automobile repart, du coup, à la recherche d'un nouvel investisseur. Le geste du Pentagone en direction d'EADS. Le ministère américain de la Défense s'est dit prêt, cette nuit, à retarder la date de clôture de son appel d'offre pour son méga-contrat des avions ravitailleurs. La maison-mère d'Airbus réclamait ce délai pour revenir dans la course, après son retrait -fâché- au début du mois de mars.

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L'article des Echos: le bilan 2009 du bouclier fiscal

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