C'est un rapport de 319 pages que vient de mettre en ligne, sur son site, la Commission des Finances de l'Assemblée Nationale. 319 pages, dont une bonne partie d'annexes, qui résument parfaitement l'"affaire Tapie", qui a fait tant parler: l'attribution, par un tribunal arbitral, c'est à dire une justice privée, d'un chèque de 384 millions d'euros -intérêt compris- à l'ancien homme d'affaire, pour le règlement de l'affaire Adidas. On le sait aujourd'hui, même si rien n'est confirmé officiellement (ni par Christine Lagarde qui n'a jamais révélé la somme définitive, ni par Bernard Tapie, lui même, malgré sa promesse) qu'une fois toutes ses dettes payées, c'est plus de 200 milions d'euros (peut-être 260) que le couple Tapie a directement touché. Dans les méandres de cette affaire, beaucoup se sont perdus. Ce rapport remet les choses en place, et c'est tout son intérêt. Et il confirme le sentiment général: certes il n'existe aucune preuve accablante, définitive, permettant de dire que tout à été fait pour "sauver" Bernard Tapie, mais la multiplication de petits indices alimente, définitivement, ce sentiment tenace. Premier indice, premier reproche: la légalité du recours à un tribunal arbitral reste incertaine. On relit par exemple, dans ce rapport, qu'un service de Bercy, l'Agence des Participations de l'Etat, n'a cessé de déconseiller à la ministre Lagarde de s'engager dans cette voie. Deuxième reproche: l'Etat a couvert, et finalement payé très cher, un risque qu'il n'avait pas à prendre pour lui. 3ème reproche, et là, c'est quasiment une révélation tirée du travail de la Cour des Comptes, dans un autre rapport qui reste lui "confidentiel": la notion de "préjudice moral" qui a valu au couple Tapie de toucher un premier chèque, net d'impôt de 45 millions (au delà de tout ce qu'on a pu constater dans la justice ordinaire, même dans des cas les plus extrêmes d'erreur judiciaire conduisant en prison) a été rajoutée dans la procédure judiciaire de l'époque, alors que le Conseil d'administration de la structure chargée d'apurer les pertes du Crédit lyonnais (le CDR), avait validé un texte différent. En langage plus clair, on pourrait parler de "falsification". C'est ce fait troublant -un de plus- qui vaut aujourd'hui au haut-fonctionnaire qui a rédigé le texte, d'être convoqué -procédure extrêmement rare- devant la Cour de discipline budgétaire et financière. Bernard Tapie ne courre plus aucun risque aujourd'hui, son argent, il va le garder. Mais son affaire, une affaire d'Etat, continue bel et bien. Le gouvernement envisage de geler les tarifs du gaz. C'est le journal "Les Echos" qui l'affirme, ce matin. Alors qu'aujour'hui -1er avril- les tarifs du gaz augmentent d'un peu plus de 5% en moyenne, Matignon organise, cet après-midi, une réunion interministérielle sur la question des prix de l'énergie. Un gel des tarifs du gaz serait, donc, envisagée... jusqu'à la Présidentielle! Il serait question, paralèllement, de changer à nouveau la formule de fixation des prix, indéxée très largement sur le pétrole. Elle vient pourtant, tout juste d'entrer en vigueur. Le but serait de mieux tenir compte des prix du marché au jour le jour, plus bas aujourd'hui, que ceux fixés par les contrats d'approvisionnement à long terme. Et 24 de plus. L'Irlande, une nouvelle fois, au secours de ses banques: un plan de 24 milliards d'euros a été dévoilé, hier.

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Le rapport de la Commission des Finances de l'AN

Le site de Marianne

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