C'est étonnant de constater à quel point François Hollande n'a pas suivi son texte, lors de son allocution post-Municipales d'hier soir à la télévision. Ou plutôt, à quel point le texte de l'allocution, envoyé par le service de presse de l'Elysée, juste après sa prestation télé, n'est pas, en tout point, conforme au discours rééllement prononcé. Evidemment, comme à chaque fois en pareil cas "seul le prononcé fait foi" (et l'Elysée le rappelle, d'ailleurs, dans son mail) mais, manifestement le texte envoyé était une copie de travail, non définitive. La comparaison des 2 versions est instructive. Rien de majeur évidemment: il s'agit souvent de modifications de pure forme mais on découvre, au passage, les parties du texte sur lesquelles le Président a choisi d'insister, les petits mots ajoutés, les formules réécrites. Et aussi un calendrier de réformes précisé, d'un texte à l'autre. Sur le message des électeurs, par exemple: "je le reçois personnellement" dit le Chef de l'Etat, "je dois y répondre "avec sincérité" (lit-on sur la version écrite), "avec franchise et lucidité" dit, finalement, François Hollande. Qui ajoute, plus tard, un petit mot sur Manuel Valls qui a les "qualités" pour "conduire le gouvernement de la France". Parlant des acteurs économiques, le Chef de l'Etat prend soin de préciser "les PME" quand son texte ne prévoyait rien. Sur le pacte de responsabilité: "il est prêt" ajoute-t-il, déterminé. Sur le "Pacte de solidarité", le pendant social du premier ajouté hier, les corrections sont plus fondamentales: sur "la réduction des impôts des Français", François Hollande précise "d'ici 2017", et sur la "baisse des cotisations payées par les salariés" (qu'on évoquait ici même, hier), le Président précise une "baisse... rapide", pas prévue dans le texte initial, et qui laisse penser qu'on attendra, peut-être, pas 2015. Cette partie de son discours vaut d'ailleurs l'ajout d'un paragraphe entier de justification. François Hollande ajoute: "dans le même moment où nous baissons les charges des entreprises, il est légitime de baisser aussi les cotisations des salariés, ceux qui travaillent". La précision est intéressante, et renvoit aux arguments qu'avançait, il y a 3 ans, Laurence Parisot, alors présidente du Medef, et qui prônait, déjà, un tel montage, c'est-à-dire un "double pacte", économique et social, des baisses de cotisations, patronales et salariales, parallèles. Le but: faire converger les intérêts de tout le monde, et faire accepter de la sorte ce que certains considèrent comme des "cadeaux faits aux patrons". 3 ans plus tard, on y est.

Electricité. Le gouvernement Ayrault part sans payer sa facture d'électricité! On peut le dire comme ça. En fait, hier, le rapporteur public a recommandé au Conseil d'Etat de revenir sur les tarifs d'électricité d'EDF 2012/2013, proposant une hausse rétroactive qui toucherait tous les abonnés. La décision définitive devrait être prise d'ici 2 à 3 semaines, mais elle ne fait guère de doute: la hausse décrêtée à l'époque par le gouvernement Ayrault ne respectant pas, en toute conscience mais au nom de la défense du pouvoir d'achat, la formule légale de fixation des tarifs d'électricité. On s'achemine, donc, comme pour le gaz, il y a peu de temps, vers l'envoi de factures rectificatives, sans doute étalées sur plusieurs mois, pour les particuliers et les petites entreprises.Gaz. A propos du gaz,mais aussi du fioul lourd et du charbon: entre en vigueur, aujourd'hui la "contribution climat énergie", la "taxe carbonne" si vous préférez.

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