Vous vous souvenez forcément de ces séries signées "AB Productions" qui cartonnaient dans les années 90, à la télé. Ces séries pour ados, où "tout est rose", et où "tout le monde est gentil avec tout le monde". En ce moment, à Bercy, au Ministère de l'Economie, c'est un peu ça l'ambiance. L'ambiance dans les cabinets ministériels. Christine Lagarde est toujours là (son entourage ne cache pas son soulagement, d'ailleurs, d'être resté à Bercy) mais, en revanche tous les ministres autour d'elle, ministres ou secrétaires d'Etat, ont changé. Exit Laurent Wauquiez, parti aux Affaires européennes. Exit Anne-Marie Idrac. Exit Hervé Novelli. Départ également, et il faut le dire dans le soulagement général, de Christian Estrosi, un élément qui était totalement ingérable, lâche un conseiller, à Bercy. Et qui avait, plus d'une fois, agacé la ministre. Mais, désormais, donc "tout va bien". Et ce matin, Christine Lagarde organise une grande conférence de presse pour présenter sa nouvelle équipe, "l'équipe Lagarde" comme dit l'un de ses communiquants, "l'équipe de Bercy" comme le dit encore l'un des ministres concerné. Tout à l'heure, chacun aura quelques minutes pour présenter ses priorités, pour les mois à venir (on s'attend à quelques annonces). A écouter, hier, leurs conseillers respectifs, chacun aura à coeur, également, de montrer que cette équipe est soudée, rassemblée autour de "Christine". En ordre de bataille pour affronter la dure réalité de la situation économique. Pierre Lellouche expliquera, donc, comment il envisage son rôle ingrat d'annoncer, chaque mois, les mauvais chiffres du commerce extérieur français. Frédéric Lefebvre (qui fait "profil bas, ici", selon une "petite main" de Bercy) jouera, lui, les modestes devant l'ampleur de la tâche qui l'attend. Lui qui, pour sa première expérience ministérielle, est secrétaire d'Etat chargé du Commerce, de l'Artisanat, des Petites et Moyennes Entreprises, du Tourisme, des Services, des professions libérales et de la Consommation. Dans le rôle des "modestes" encore: Eric Besson. Qui remplace Christian Estrosi à l'Industrie. Il a donné consigne à son cabinet d'être extrêment loyal avec le reste de l'équipe. Tellement heureux d'avoir quitté le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, (il s'en cache mal) il endose, dit-il, volontiers les habits du ministre délégué, qui doit rendre des comptes à sa ministre. A son cabinet, on confirme: "on fait très attention à l'étage du dessus"! Celui de Christine Lagarde, qui ne doit pas bouder son plaisir. "La France mérite son triple A". C'est le patron de l'agence de notation Standard and Poor's qui le dit, ce matin. Dans une interview accordée aux Echos. Le "triple A", c'est la meilleure note possible (accordée à la dette d'un pays), celle qui permet de s'endetter à des taux d'intérêts raisonnables. "La France mérite son triple A", affirme donc le patron de Standard and Poor's mais qui ajoute "à l'heure actuelle". Ce qui laisse toutes les interprétations possibles. D'ailleurs, à la question "la France peut-elle, un jour, perdre son triple A?", il répond "oui, si les conditions se modifient". Hier en fait, c'est le Portugal qui s'est vu signifier le risque d'une dégradation de sa note internationale. L'inquiètude persiste, en Europe: l'euro est tombé sous 1 dollar 30. Au plus bas depuis 2 mois. Pas de coup de pouce au SMIC, au 1er janvier prochain. C'est ce que préconise le comité d'experts chargé de conseiller le gouvernement. C'est la 5ème année d'affilée que l'augmentation du SMIC restera limitée à la seule inflation.

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