C'était hier matin, au Plaza Athénée. Palace de la très chic avenue Montaigne, à Paris. C'est une agence de communication qui organise ce petit-déjeuner avec une grande figure du patronat français. Je ne vous donne pas son nom, ni plus d'indice pour deviner de qui il s'agit: c'était un entretien "off", comme on dit. Et puis, ce n'est pas très important, à vrai dire, pour ce qui suit. Dans la salle du restaurant du Plaza Athénée, des clients prennent leur petit-déjeuner. Des hommes d'affaires, également, commencent leurs journées, avec un premier rendez-vous de travail. Dans un coin, Alain Minc lit "Les Echos". Tout est calme. On ne peut alors s'empêcher de penser à ce que Jean-Luc Mélenchon nous a dit, avant hier, en arrivant, à France Inter: "on n'est comme avant chaque révolution, les bourgeois restent dans leur bulle, et ignorent que la colère couve". Peut-être. En tout cas, notre interlocuteur ne nie pas que l'heure est grave, et comme beaucoup d'autres, il croit que la sortie de cette crise ne se fera qu'en renforçant la gouvernance et la discipline européennes. Sans prendre de pincettes, il affirme que la solution passera aussi, par une grande cure d'austérité Et un recul du niveau de vie des Français! Pour les entreprises, il est moins inquiet: cette fois-ci, c'est-à-dire contrairement à 2008, elles ne sont pas prises au dépourvu: leurs stocks sont maîtrisés, et elles ne sont pas en surreffectifs. L'automne 2008, et la chute de Lehman Brothers, il s'en souvient, en tout cas, très bien: il raconte comment son entreprise a failli être emportée par la première vague de la crise financière. Il venait de réaliser d'importantes acquisitions, en s'endettant fortement. La chute de la bourse et l'assèchement du crédit, l'ont subitement placé dans une situation extrêmement délicate, "à deux doigt de la faillite". Ce qui lui permet, aujourd'hui d'être optimiste: la crise de la dette en Europe, il l'a vécu, à son échelle, il y a 3 ans, et, rescapé, il en est persuadé désormais: tant que ça ne reste qu'une histoire d'argent, ça se règle. En expert, il dit: "l'argent, c'est extrêment malléable. Ca file, ça se prête, re-prête, re-reprête. Ca se démultiplie sans problème. Et puis un endetté -comprendre un "riche endetté"- garde toujours, renforce même son pouvoir de négociation sur ses créanciers. On n'a moins de scrupule, du coup, à reprendre l'une de ces excellentes brioches du Plaza.

En hausse. Le taux de chômage en France atteint 9,3%. Chiffre publié, il y a quelques minutes, par l'INSEE. Le taux de chômage en France augmente d'un trimestre sur l'autre: 9,3% donc. Et même 9,7% si on prend en compte les départements d'outre-mer.En hausse. A leur tour, les places boursières asiatiques s'envolent, ce matin, après l'action coordonnées des 6 grandes banques centrales, dont BCE. Une telle intervention, pourtant, signifie que la crise financière est profonde. L'objectif, en tout cas, est d'assurer le financement en dollars, des banques européennes.En hausse. Les députés, cette nuit, ont adopté le relèvement du taux de réduit de TVA. Il passe de 5,5 à 7%. Finalement, les cantines scolaires y échappent. Comme les fruits et légumes. Pas les livres, en revanche. Malgré la pression des libraires.

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