C'est aujourd'hui 1er décembre, que Baudouin Prot quitte la présidence de BNP Paribas. On l'a déjà dit, ici même: il s'en va, plus tôt que prévu, 2 ans et demi avant la fin de son mandat, "fatigué, déprimé". L'Obs de cette semaine est plus précis encore: "burn-out". L'hebdomadaire cite un banquier: "on devrait parler plus ouvertement de la dépression qui touche les dirigeants soumis à des pressions extraordinaires". En l'occurence la crise financière de 2008 qui "a poussé les banques au bord de la faillite". L'Obs cite, également, une amie de Baudouin Prot: "il se croit responsable de la crise mondiale". Pourtant, en public, Baudouin Prot n'a jamais semblé douter. En décembre 2009, sur France Inter, en pleine tempête financière, il était venu défendre sa banque. Il était sorti du studio, agacé par les questions qu'on lui avait posé (pas les vôtres, Patrick. C'était Nicolas Demorand, à l'époque). 3 ans plus tard, il en parlait encore, avec virulence: "ah France Inter! Me demander si j'ai mal agi, si j'ai une responsabilité morale dans la crise et le chômage, si j'ai bien fait mon examen de conscience...". "Evidemment que j'ai réfléchi à tout ça", poursuivait Baudouin Prot, mais sans donner l'impression de douter, un seul instant. Il disait et redisait, par exemple, que les banques françaises "n'ont rien coûté aux contribuables français. Au contraire". Mais, voilà, l'homme était profondément miné. Et s'est ajouté, l'amende américaine record de cet été, presque 9 milliards de dollars. La banque qui s'affichait comme la plus sûre et la mieux gérée de la place, était prise en défaut. En sérieux défaut. Baudouin Prot en a tiré les conséquences, annoncé son départ. Un départ, à son tour, entaché par des soupçons de délit d'initiés. Une lettre anonyme qui dénonce la vente réalisées par 3 dirigeants de la BNP Paribas d'un bon paquet d'actions, alors que la banque négociait avec les autorités américaines le montant de l'amende à venir. Un très bon observateur de ce milieu s'étonnait, récemment, que cette affaire n'ait pas fait les "gros titres", n'ait pas provoqué un tollé, des démissions. La curée. Une réaction non pas sur le fond (le délit d'initié est loin d'être avéré), mais totalement épidermique: "cette banque et ses dirigeants ont tellement fait la leçon à tout le monde!".

Baro-éco. Les cadres ne croient plus beaoucoup au pouvoir des responsables politiques. C'est l'enseignement qu'on peut tirer de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC le Figaro. Pour cette dernière vague de 2014, on a posé la question rituelle sur les "personalités de l'année": lesquelles ont le pluss d'influence sur l'économie? Réponse, comme l'année dernière, pour les cadres français interrogés: (1) Angela Merkel, (2) Barack Obama, (3) François Hollande, mais ce qui frappe, c'est leur dégringolade. 15 à 20 points de perdu en 2 ans. Ils paient, tous, l'absence de résultats. Pour les cadres, ce sont les entrepreneurs, les entreprises qui permettront de repartir. Ce n'était pas aussi net, au tout début de la crise.

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