"Le Figaro" est plutôt sombre, ce matin. Disons qu'on pouvait s'attendre à plus. Surtout quand on se souvient de l'interview fleuve, en décembre dernier, du patron de Dassault Aviation: 2 pages complètes, et un entretien, mené directement, par le patron du journal, Etienne Mougeotte. Ce matin, c'est donc plus sobre. Le Figaro met, bien, le Rafale en "une" mais c'est une petite photo, sous la manchette qui signale "les atouts de Sarkozy face à Hollande" (il y a quand même des priorités). Nouvelle photo de l'appareil en "une" des pages saumon. Puis, une grande page consacrée à la nouvelle, mais pas plus importante, comparativement, à celle de Libération. Le ton, en revanche, est différent. Forcément, ce matin, on a commencé par là: la lecture du Figaro. Le Journal (tout le monde le sait) est détenu par le groupe Dassault. Et, hier (ça non plus, ça n'a pu échapper à personne), Dassault a remporté une "grande bataille": l'Inde a décidé d'entrer en négociations "exclusives" avec lui, pour l'achat de 126 avions de chasse "Rafale". Il ne faut pas mégoter: c'est une bonne nouvelle. Pour Dassault, qui jusqu'ici devait supporter les "railleries" face à son "avion-dont-personne-ne-veut" et qui coûte très cher aux contribuables français. Pour la France, ensuite qui prouve qu'elle n'est pas totalement "has been" sur le plan de la haute-technologie. Et pour l'économie française: plus de cent entreprises sont impliquées dans la fabrication de l'avion. 10 mille emplois directs. Alors certes, sur ces 2 points, la perspective d'un contrat avec New Delhi est à relativiser, il y aura des transferts de technologies, et 108 des appareils commandés seront construits, ou assemblés, en Inde, mais un tel contrat, s'il est signé, fera du bien. Dans ce fameux entretien entre Etienne Mougeotte et Charles Edelstenne ("Le Figaro", du 11 décembre dernier), on sentait bien, le patron de Dassault Aviation prudent mais confiant pour le marché indien. Alors que pour toutes négociations en cours (aux Emirats Arabes Unis, au Brésil), il était sur la défensive (même face à Etienne Mougeotte), alors que pour les échecs en Corée, à Singapour, au Pays-bas, en Suisse, au Maroc, il était sur le mode "ce n'est pas de notre faute"... sur le dossier indien, le ton était légèrement différent. On sentait, en fait, une grande prudence, preuve que la partie était encore jouable. La nouvelle d'hier est venue lui donner raison.

Trop politique? François Chérèque n'a pas apprécié le meeting "très politique" de la CGT, hier. 6 personnes réunies au Zenith, à Paris.. dans une ambiance "survoltée". Devant pas moins de 4 candidats à la Présidentielle (Eva Joly, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Jean-Luc Mélenchon) et 2 représentants de François Hollande, Bernard Thibault, le leader de la CGT, a menée une violente charge contre Nicolas Sarkozy: ses mesures "antisociales", son bilan peu glorieux". Depuis Mayotte, où il était en déplacement, François Chérèque marque son désaccord. "Il ne faut confondre action syndicale et action politique", dit le secrétaire général de la CFDT.Trop risqué? Une nationalisation qui ne dit pas son nom: le gouvernement s'apprête de prendre directement à sa charge une partie de Dexia, la banque des collectivités locales en pleine décrépitude. Le montage devrait être finalisé dans les prochains jours. L'Etat prendrait 30% de la filiale de refinancement de Dexia et garantirait l'ensemble des prêts en stock, dont 10 milliards considérés comme "à risque".

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