C'est la question du jour, jour des résolutions évidemment: ce moment où on promet, où on se promet à soi-même plein de choses: arrêter de fumer, de manger... se remettre au sport (je ne sais pas quoi encore). En économie, une bonne résolution pour 2010 serait -pourquoi pas?- de devenir enfin vertueux! Après tout, c'est l'un des thèmes qui nous a occupé toute l'année dernière. En 2009, en effet, il a beaucoup été question de "morale"... avec la fameuse "moralisation du capitalisme": le contrôle de la spéculation, la fin des paradis fiscaux et le retour des évadés-du-même-nom, la sagesse dans les rémunérations des grands patrons et dans la distribution des bonus des traders, dans les banques. Pour quel résultat? Chacun peut juger: ce n'est pas l'objet de cette chronique... parce qu'être vertueux dans son activité économique (quotidienne), ce n'est pas un thème qui a émergé avec la crise. La consommation... "raisonable", l'investissement... responsable (du point de vue social ou environnemental...): ce sont é-vi-demment des notions qui n'ont pas attendu la chute de Lehman Brothers pour tenter de s'imposer. Mais est-ce qu'on peut être vertueux... et gagner de l'argent? C'est la question que se posent beaucoup de monde. Et singulièrement les boursicoteurs. Alors.. ce n'est pas d'une vérité scientifique absolue, mais... il existe plusieurs fonds d'investissements, ou indices boursiers particuliers qui permettent de comparer les rendements d'un côté, de valeurs qu'on pourrait qualifier de "vertueuses". De l'autre, des valeurs moins recommandables. Depuis 2002, il existe ainsi le Vice Fund (littéralement le "Fonds du vice"), qui prend le parti de miser sur des sociétés oeuvrant dans les secteurs... du tabac, de l'armement, de l'alcool, du jeu. Et même du sexe! Dans la catégorie "vertueux" (un peu plus difficile à définir, en fait... parce que c'est pluss les pratiques... le comportement que l'on juge dans ce cas-là, plutôt que l'activité de base)... dans cette catégorie, il existe plusieurs Fonds, aux Etats-Unis, qui appliquent les préceptes de congrégations religieuses. On trouve aussi, et évidemment, des fonds d'investissement "écolos". Alors pour quel résultat, du coup. Qui l'emporte? Le vice ou la vertu? D'après vous? Le vice! Enfin, c'était le vice qui l'emportait jusqu'à la crise. Avant la crise (les chiffres que j'ai trouvé analysent la période allant de 2002 à 2006), il n'y avait pas photo: un Fonds éthique, géré en Suisse, avait connu une progression de 15%. Correct... sauf que dans le même temps, notre "Fonds du vice" (avec ses armes, son tabac, son alcool etc...) progressait, lui, de 70%. En investissant en An 2000, 100 dollars rien que dans des actions de grands cigarettiers américains, vous aviez en poche 328 dollars, 7 ans plus tard en 2007. Pour la même période, en plaçant ces mêmes 100 dollars sur l'indice de base, vous auriez eu, en 2007, 98 dollars en poche. 2 dollars de perdu! Le vice l'emporte, donc, largement.... sauf l'année dernière. En 2009. On trouve, par exemple, un Fonds... le Fonds Ave Maria Catholic Values (pas besoin de le décrire, je crois) qui fait mieux que le "Fonds du vice" sur 12 mois. Les spécialistes expliquent que le rebond a été plus fort pour les valeurs dites "vertueuses". Ce qu'on peut comprendre, en fait, c'est que les valeurs du vice, sont finalement plus stables que les autres: elles sont moins dépendantes de la conjoncture: on fume, on boit, on joue... (je m'arrête là) tout le temps! Et ça rapporte, donc. Un peu mécaniquement. Voilà les éléments. Au petit matin matin de ce 1er janvier. Je vous laisse méditer ça. Et décider: vice ou vertu?

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