Deux phénomènes ont marqué 2013, et pourraient compter en 2014. Le premier phénomène est incarné par Beyoncé, la star américaine du R&B. Elle cartonne depuis quelques jours, avec son 5ème album qui signe une révolution marketing et redonne espoir à une industrie qui s'est crue, un temps, tuée par la piratage. D’autres artistes avant elle avaient testé la méthode mais Beyoncé réussi le coup impeccable: sortir un album, en prenant tout le monde, par surprise. Pas de date de sortie annoncée, pas d’extrait ou single envoyés aux radios, pas de campagne d’affichage, pas d’écoute préalable pour les journalistes, pas d’interview. C’est par les réseaux sociaux que tout s’est joué. Le jour J -c’était le 13 décembre dernier-, Beyoncé poste une simple photo sur Instagram, annonçant la sortie surprise de son album.

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beyonce © Radio France

Immédiatement, l’info est relayée. Par ses 54 millions d’"amis" sur Facebook, ses 13 millions de "followers" sur Twitter. L’album n’est disponible, pendant quelques jours, que sur iTunes, le magasin en ligne d’Apple. Et pendant quelques jours également, on ne peut acheter que l’album complet quand aujourd'hui, on achète les seuls morceaux qui nous intéressent. 14 titres au total, et 17 vidéos. La vidéo -autre tendance lourde- qui n’est plus considérée comme un simple support à la promotion d’un artiste. En une journée, près de 500 mille albums ont été vendus, 1 million après une semaine. Et, aujourd’hui, Beyoncé entame sa 3ème semaine, aux Etats-Unis, en tête des vente. Succès commercial total, avec un marketing poussé à l’extrême: il est partout mais semble être nulle part.Une manière de lutter contre le piratage, c'est l'autre phénomène à retenir, incarné, lui, par Frank Underwood, ce sénateur américain sans pitié, incarné par Kevin Spacey, dans "House of cards", une série qui a marqué un tournant en 2013. Un "tournant" qui nous a, en partie, échappé, ici parce qu’en France, c’est Canal+ qui l’a diffusé, "à l’ancienne", si on peut dire. Aux Etats-Unis, cette série a été, en revanche diffusée par Netflix, un site de vidéo en streaming (vidéos à la demande sur internet). Site légal, payant, qui donne accès à une quantité infinie de contenus: films, série et série exclusive: c’était la nouveauté avec celle mettant Kevin Spacey en vedette. L'autre nouveauté, c'est qu'on découvre, d'un coup, l'intégralité de la saison. Pas besoin d'attendre une semaine pour voir la suite: les 13 premiers épisodes ont été "publiés" en même temps, et on ont pu être regardés, dès leur sortie, de manière compulsive. A travers les monde, Netflix revendique 40 millions d’abonnés. Le site est présent dans plus de 40 pays, mais pas encore en France. Mais ça ne devrait pas durer: des représentants de Netflix ont été reçu, récemment à l’Elysée. En attendant, Kevin Spacey, l’acteur qui participe à cette révolution annonçant fin de la télévision consommée en mode "linéaire", fait du lobbying pour Netflix en prodiguant ce conseil: "donnez aux gens ce qu’ils veulent, dans le format qu’ils veulent et à un prix raisonnable, et il y a de fortes chances qu’ils le payent, plutôt qu’ils le volent".

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