Cette petite phrase, c'est Martin Hirsch, le haut Commissaire à la jeunesse qui la lâchée, hier devant quelques journalistes. C'était une boutade, précise depuis son entourage (les journalistes présents l'ont d'ailleurs pris comme telle) mais elle dit aussi -comme parfois les blagues- elle dit "quelque chose" du débat, en cours au sein du gouvernement, ou entre le gouvernement et l'Elysée. Alors c'est là qu'il faut préciser, quand même, qui est Raymond Soubie. Tout le monde ne le connaît pas forcément. Thomas Legrand vous dirait que c'est lui le vrai ministre des Affaires sociales. Les leaders syndicaux vous diraient qu'effectivement, c'est lui qui prend toutes les décisions. Raymond Soubie est, en fait, à l'Elysée, le Conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions sociales : c'est, pour le moins, un personnage-clé. L'homme qu'il faut convaincre, en tout cas, quand on s'appelle Martin Hirsch et qu'on veut faire passer toute une série de mesures en faveur des jeunes. C'est l'objet de la Commission de concertation sur la jeunesse que le haut-Commissaire anime, et qui est en train de terminer ses travaux. Les 16-25 ans sont parmis les plus touchés par cette crise. Martin Hirsch et sa Commission avancent, du coup, une cinquantaine de propositions : l'instauration d'un RSA-jeunes, le doublement des contrats en alternance, la création d'un contrat de tutorat entre un senior (qui s'apprête à partir à la retraite) et un jeune (tout juste embauché). Ils proposent encore de créer une "dotation autonomie" pour les jeunes qui, passés 18 ans, pourraient puiser dans une enveloppe accordée par l'Etat pour financer un projet. C'est cette mesure que Raymond Soubie, à l'Elysée, refuserait à se stade. Pas seulement en raison du coût de la mesure (1,6 milliards, quand même), mais -plus fondamentalement- parce que le conseiller du Président ne croit pas forcément que de nouvelles mesures ciblées -en fonction de l'âge- soient aujourd'hui la bonne réponse. "Je travaille pour toutes les générations" a-t-il d'ailleurs répondu quand la "boutade" de Martin Hirsch -"Soubie n'aime pas les jeunes"- lui a été répétée (par des journalistes bien intentionnés). Beaucoup de spécialistes de ces questions abondent d'ailleurs en son sens : ces mesures ciblées -pour les jeunes, pour les seniors- c'est une grande spécialité française. Elles ont montré leur limite : les uns et les autres sont les plus touchés par le chômage, aujourd'hui. Une addition de plus de 2 milliards d'euros ! 2,35 milliards d'euros, c'est le manque à gagner pour l'Etat de la baisse de la TVA dans la restauration. Qui prend effet à partir d'aujourd'hui (Qui l'ignore?). La répercussion sur les prix des menus n'est pas obligatoire. mais pour le gouvernement, ce sont les consommateurs qui sanctionneront ceux qui ne "jouent pas le jeu". En tout cas, seuls les restaurants qui s'engagent à baisser certains prix seront contrôlés. Et pendant ce temps-là... la dette publique se creuse. Elle vient de faire un bond de plus de 86 milliards d'euros, en un seul trimestre (janvier-février-mars 2009). 1 milliard par jour, autrement dit. La faute à la récession, au Plan de relance et aux mesures de soutien des banques.

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