Alors, cette reprise, vous la sentez comment? Plus que jamais (après un hiver très favorable, un printemps plus calme, et, surtout, avant les vacances), c'est la question incontournable qu'on pose aux patrons, conjoncturistes, banquiers, commerçants parfois, croisés, ces derniers jours. On peut aussi se servir de l'INSEE cela dit (c'est son métier). Hier, l'Institut National de la Statistique a, d'ailleurs, publié les derniers chiffres concernant les ménages. Est-ce une première petite alerte, en tout cas, leur consommation ralentit nettement +0,1% seulement en mai (après, déjà, un zéro pointé en avril). Ce sont les achats en textile et habillement qui marquent le pas. Fini le rebond du tout début d'année. Fini, en fait, "l'effet pétrole": en janvier/février/mars, les ménages avaient bénéficié d'une petite baisse des prix à la pompe, et avaient immédiatement consommé ce "bonus" tombé du ciel. Mais, au printemps, le prix du baril de brut est remonté, et la fête s'est achevée. Les ménages freinent. D'où l'intérêt, maintenant, de connaître l'état d'esprit des chefs d'entreprises: vont-ils prendre le relais, investir, et donc embaucher? Un grand banquier, le nez dans les chiffres remontant de ses agences, a trouvé une formule ambigüe pour résumer leur situation: "l'envie est revenue, la confiance, pas encore". Le patron d'une entreprise dans le secteur de la chimie est encore plus sceptique: "la reprise, je ne la sens pas du tout, en France". En fait, jusqu'ici, c'était surtout les entreprises tounées vers l'international qui avaient arrêté de se plaindre: l'activité restait "flat" ici, mais le reste du monde soutenait leurs résultats. Changement du discours depuis quelque temps: ailleurs, ça ralentit! Le Brésil est dans le choux, la Russie isolée, les Etats-Unis (sans qu'on soit sûr que ce soit durable) patinent. Quand à la Chine, elle montre de sérieux signes d'essouflement. "On sait que les chiffres de croissance qu'elle affiche sont toujours faux, quand elle disait 10%, c'était 7. Quand elle disait 7, c'était 4/5%", mais aujourd'hui, affirme un grand patron dont l'activité s'appuie sur l'Asie, "aujourd'hui, on est proche de zéro, en Chine". Ces grands patrons français qui ont misé, ces dernières années, sur les pays émergents déchantent. Et l'un d'eux en vient à parler de l'Europe comme d'un "oasis de croissance"! On se pince pour le croire. "L'automobile porte l'activité, ici", explique-t-il. L'INSEE confirme: les achats de voitures ont enregistré leur 3ème mois consécutif de hausse. En volume, on est au plus haut depuis 2012.

Défaut. C'est, donc, fait: la Grèce a fait défaut, hier soir. Athènes n'a pas honoré le versement du milliard et demi d'euros qu'elle devait à l'institution internationale. Et comme l'aide européenne, elle, a aussi expiré, cette nuit, à minuit, la Grèce se retrouve coupée de ses sources de financement public. Seule l'aide d'urgence à ses banques, via la BCE, subsiste. Pour le FMI, c'est la première fois qu'un pays développé n'honore pas ses engagements financiers. C'est aussi le plus gros défaut de son histoire, sauf qu'Athènes, hier, a demandé au Fonds Monétaire International de lui accorder un délai, un "report" officiel de ses échéances. C'est prévu par les statuts du FMI, mais c'est à son Conseil d'administration, représentant les 188 Etats-membres, de l'accorder.

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