L'éco du jour par Régis Lachaud. _____ C'est l'histoire de la première augmentation du temps de travail légal jamais décidée en France. Depuis plus d'un siècle, les gouvernements l'avaient toujours diminué, qu'il soit quotidien, hebdomadaire, mensuel ou même annuel. Chaque nouvelle loi votée allait dans le même sens : réduire la durée légale du travail pour un contrat à temps plein. C'est-à-dire avant les heures supplémentaires qui sont mieux payées. La seule exception, c'est donc la journée de solidarité lancée en 2004 par Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, et qui a donné lieu à plusieurs polémiques les années suivantes. Et, parfois même, à un joyeux bazar. Jusqu'à la loi du 16 Avril 2008 qui prévoit clairement une "augmentation" du temps de travail annuel d'une journée ou de sept heures. A définir librement par des accords négociés puisque le lundi de Pentecôte redevient férié. Cela donne une journée de travail "gratuit" chaque année à toutes les entreprises implantées en France. Mais il y a, bien sûr, une contrepartie "sonnante et trébuchante" pour les entreprises. Une nouvelle taxe créée pour l'occasion en 2004 et versée depuis à l'Etat ou plutôt à la Caisse Nationale créée elle aussi en 2004 pour gérer les aides publiques à la perte d'autonomie. Baptisée "contribution solidarité autonomie", cette taxe s'élève à 0,3% de la masse salariale de chaque entreprise. C'est-à-dire un peu moins qu'une journée de travail supplémentaire dans l'année. Dernière chose, cette notion de "travail gratuit", entre guillemets, avait évidemment alimenté la polémique, parallèlement au choix du lundi de Pentecôte qui contrariait beaucoup de gens, professionnels du tourisme, maires de communes ensoleillées en ce week-end de trois jours mais aussi l'église catholique. Le syndicat chrétien CFTC dépose d'ailleurs tous les ans un préavis national de grève pour ce lundi de Pentecôte, histoire de protéger les salariés que leur employeur voudrait forcer à travailler ce jour là. Entrée en vigueur aujourd'hui du R.S.A. , le Revenu de Solidarité Active, déjà expérimenté dans 34 départements. Il remplacera certains minimas sociaux comme le RMI ou l'Allocation Parent Isolé, en pouvant être cumulé avec un salaire. L'objectif affiché par le gouvernement est double : réduire la pauvreté et inciter les titulaires de minimas sociaux à reprendre un emploi. Le RSA devrait concerner plus de trois millions de foyers, notamment des travailleurs pauvres, qui doivent s'inscrire avant le 15 Juin pour en bénéficier début juillet. General Motors dépose son bilan aujourd'hui aux Etats-Unis. Le constructeur automobile bénéficiera ensuite d'un plan de redressement subventionné par l'Etat américain qui devrait prendre 60% de son capital. Dans le même temps, le juge des faillites a approuvé le projet de rachat de son concurrent Chrysler par un groupe d'investisseurs emmené par le groupe italien Fiat. 50 000 euros. C'est le montant du chèque obtenu par les syndicats pour chacun des 1 120 salariés du site de Clairoix, licenciés par Continental, qui veut fermer le site de production. Cette prime de départ extra-légale s'ajoutera aux primes de licenciements conventionnelles versées par le fabricant de pneus si l'accord est bien signé dans les jours qui viennent. Le lundi de Pentecôte à nouveau jour férié. Après cinq ans de polémique et plusieurs lois, ce lundi redevient férié mais pas forcément chômé. La journée de solidarité subsiste et certaines entreprises ont choisi de travailler aujourd'hui. Rappelons que, selon le code du travail, seul le 1er mai est un jour férié obligatoirement chômé, ou payé double pour les salariés qui travaillent quand même.

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