C'est un grand patron qui parlait, ainsi, cette semaine. Un dirigeant, passé par les cabinets ministériels, où il a dû gérer, précisément, ce genre de situation: "cette question du salaire des grands patrons, dit-il lui qui en est devenu un, c'est un vrai casse-tête. C'est la poisse !". Des histoires, autrement dit, où il n'y a que des coups à prendre, en plus -c'est vrai- d'un bon paquet d'argent. 2 patrons ont pris des coups, hier: c'est Pierre-Henri Gourgeon, ex-patron d'Air France, et Jean-Paul Herteman, patron de Safran. Le nouveau gouvernement a choisi d'en faire 2 exemples, pour marquer ce qu'il appelle "un changement sur cette question des rémurénations", mais les 2 cas ne se valent pas forcément. En ce qui concerne les indemnités de non-concurrence versées à Pierre-Henri Gourgeon, le Medef l'a rappelé: elles ne sont pas conformes aux règles édictées dans son code de "bonne conduite", élaboré il y a quelques années, après quelques retentissants scandales. Laurence Parisot l'a dit récemment: à Air France, c'est un "golden parachute déguisé". Donc, pas acceptable. Seule circonstance atténuante pour Gourgeon: les conditions de son départ, en octobre dernier. Il a été purement et simplement débarqué d'un poste où il avait été reconduit, confirmé, à peine 4 mois plus tôt. Les 400 mille euros qui lui ont été accordés sont, donc aussi le prix à payer pour la très mauvaise gestion de l'Etat, dans ce dossier, l'année dernière. Et celle du président d'Air France-KLM, Jean-Cyril Spinetta, qui a eu beau jeu, hier, de dire qu'il ne demandera rien pour lui-même. Le cas de Safran est différent puisque le groupe respecte, lui, à la lettre le code de bonne conduite AFEP/Medef. Le patron Jean-Paul Herteman a perdu son contrat de travail en devenant PDG. Sa rémunération est inférieure à la moyenne du CAC 40, et la retraite-chapeau et les indemnités de départs, que lui ont refusé ses actionnaires hier, étaient strictement dans la "norme" acceptée jusqu'ici (le niveau comme les conditions). La preuve: les représentants de l'Etat, présent au Conseil d'administration de Safran, n'avaient pas bronché jusqu'à hier. Le changement est, donc, bien-là. Le nouveau gouvernement, dans les entreprises où il le pourra, demandera des conditions plus strictes. Ce qu'il appelle de la "modération".

Absence. On commence avec ce patron qui a beaucoup fait parler de lui, hier. C'est un patron qui a brillé par son absence, très remarquée. Arnaud Lagardère n'a pas assisté, hier, à l'Assemblée générale d'EADS, la maison-mère d'Airbus. Il en est pourtant l'un de ses importants actionaires. Il représente, officiellement, les intérêts de l'Etat français dans l'entreprise. Surtout, c'est hier qu'il a été nommé président du Conseil d'administration du groupe aéronautique. Mais il n'était pas là. A la tribune de l'Assemblée hier, devant des actionnaires un peu médusés, on a expliqué qu'Arnaud Lagardère avait des "choses importantes à faire", ailleurs. Son porte-parole explique, lui, que si Arnaud Lagardère n'est pas venu, c'est pour ne pas "gêner" son prédécesseur, sur le départ.Chance. La France ne s'est jamais endettée dans des conditions aussi favorable. Ses taux d'intérêt sont tombés, hier, à 2,3%: du jamais vu.Fuite. Peut-être en raison de la situation de l'Espagne. 100 milliards d'euros de capitaux ont quitté le pays, au premier trimestre: chiffres publiés hier. Hier encore, le FMI a démenti préparer un plan de sauvetage de l'Espagne.

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