L'opération s'annonce comme la plus importante jamais réalisée sur le marché mondial obligataire. Le précédent record pour un emprunt de ce gence, c'est le laboratoire pharmaceutique suisse Roche qui le détenait. 16 milliards et demi de dollars, levés en 2009 pour racheter un concurrent. Tout proche de ce record, un Français: France Telecom, en 2001: 16,4 millards de dollars. Cette fois-ci, c'est Apple qui s'apprête à faire plus. L'affaire agite Wall Street depuis quelques jours, et le nouveau record de la bourse de New York, hier soir, n'est pas étranger à cette opération. Les estimations, ces dernières heures, n'ont cessé grimper. On a parlé de 10 milliards d'abord. De 15, ensuite. Et cette nuit, de 17 milliards de dollars: un record, donc. Apple a lancé, concrêtement, une émission d'obligations en 6 tranches pour des durées allant de 3 à 30 ans. Mais, ce qui marque, et peut choquer, c'est pourquoi Apple s'est lancé dans une telle opération, alors que l'entreprise possède une trésorie gigantesque. Son patron, Tim Cook, le successeur du fondateur, Steve Jobs, l'a expliqué il y a quelques jours: il s'agit, tout simplement, de redresser le cours de bourse d'Apple, en quasi-chute libre. Pour cela, Apple a promis de consacrer 100 milliards de dollars, dans les 2 ans qui viennent pour payer des dividendes à ses actionnaires, ou pour racheter des actions. Ces 100 milliards, Apple les a en caisse: sa trésorie atteint même 145 milliards de dollars mais, problème, une grande partie se trouve sur des comptes à l'étranger. En Europe, en Asie, partout où Apple vend ses ipads, ses iphones. Les rapatrier obligerait l'entreprise à payer des taxes et des impôts d'où cet incroyable montage. L'entreprise, qui n'avait jusqu'ici aucune dette (c'était sa force), et qui -disons le au passage- ne distribuait pas de dividendes, va s'endetter aux Etats-Unis (c'est l'opération obligataire géante lancée hier), payer des intérêts, pour simplement rémunérer ses actionnaires. Les analystes s'inquiètent: l'opération fragilise la société, renvoit l'image d'une entreprise sans projet. Pour Apple, la "manip" reste rentable: les intérêts qu'elle va devoir payer seront compensés par ce que lui rapporte ses milliards placés à l'étranger. D'une certaine façon, Apple reste une entreprise innovante!

Au suivant? La Slovénie inquiète de plus en plus les Européens. Le pays est présenté, depuis quelques semaines, comme le nouveau "maillon faible" en Europe... comme le prochain membre de la zone euro qu'il va falloir sauver, en raison des difficultés de ses banques. Hier, la Slovénie s'est rapprochée un peu plus du point de rupture: l'agence de notation Moody's a dégradé sa note et l'a placé (c'est la première à le faire) en catégorie spéculative. La suite, on peut la deviner: cette décision devrait renchérir, mécaniquement, les coûts de refinancement du pays sur les marchés financiers, et accentuer ses difficultés.Dans les tuyaux. Le gaz, l'électricité, un peu plus chers pour payer la retraite des agents EDF et GDF. La décision, adoptée au Parlement cet automne, est parue au Journal officiel hier. La CTA, la Contribution Tarifaire d'Acheminement, est prélevée directement sur les factures. Elle finance la caisse de retraites des électriciens et des gaziers. Elle va augmenter pour la première fois depuis 2005, avec un impact limité, promet le gouvernement: 4 à 5 euros de plus par an pour une famille.

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