"Les profits sont faits pour être réinvestis. C'est bien. C'est normal. C'est la logique même du capitalisme, ça ne devrait surprendre personne, surtout pas ceux qui dénoncent d'habitude les actionnaires qui s'en mettent plein les poches". C'est un "économiste de banque" comme on dit, un économiste au service des investisseurs qui commentait, un brin agacé hier, le dossier Alstom, bientôt démentelé. Sans doute au profit de General Electric. Plus tard, au 20h de France 2, le patron de GE dira d'ailleurs "nous serons un bon investisseur, comme nous l'avons été, depuis des décennies, ici en France". En fait, c'est de l'appétit des grands groupes américains, pour les firmes européennes qu'on venait parler avec cet économiste: les vues de General Electric sur la branche énergie d'Alstom donc, mais aussi les avances de Pfizer faites à un autre labo AstraZeneca (britannique), le rachat finalisé il y a quelques jours de Nokia par Microsoft. Et quelques autres encore. Le dollar est faible face à l'euro mais, malgré cela, les Américains rachètent à tout-va en Europe. Il y a une "logique industrielle, tout bêtement", répond le spécialiste. Mais 2 facteurs confortent le phénomène. Le premier, c'est qu'ils bénéficient d'un puissant rebond de la bourse, de l'autre côté de l'Atlantique. Leur capitalisation boursière est au plus haut, ce qui leur donne des ailes, alors qu'en Europe, les cours sont plus bas. "Dans le cas d'Alstom, clairement, General Electric vient faire les soldes" explique notre expert. L'autre levier, c'est la montagne de cash sur laquelle sont assis certains groupes américains, des liquidités détenues hors des Etats-Unis. Selon une estimation de l'agence Bloomberg, 22 entreprises américaines, parmi lesquels General Electric (au hasard), Pfizer, Microsoft, Apple, Merck. Coca-Cola encore... 22 entreprises US détiendrait, hors des Etats-Unis, presque mille milliards de dollars. Des profits que ces entreprises ne rapatrient pas, dans leur pays, ne font pas remonter à leur maison-mère. Pourquoi? Pour éviter de payer des impôts! Le système fiscal américain a, en effet, cette particularité: il taxe les profits réalisés hors de ses frontières. Conséquence: les grandes entreprises ont tendance à les maintenir logés dans leurs filiales, à l'étranger. General Electric a ainsi acculé 57 milliards de dollars, hors des Etats-Unis. Il paierait 35% d'impôts dessus s'il les rapatriait. Il a, donc, tout intérêt, à s'en servir pour faire ses emplettes. En Europe, et dans le cas qui nous occupe depuis quelques jours, en France.

Orange voit rouge. Et Orange attaque SFR et Bouygues. Selon les Echos, Orange a saisi, hier, l'Autorité de la concurrence pour demander la suspension immédiate de l'accord de mutualisation des réseaux de ses 2 concurrents, cet accord qui leur permet d'utiliser les mêmes antennes. L'opérateur historique estime, notamment, que cet accord couvre une trop grande partie du territoire. 96%, selon ses calculs. Une entrave à la concurrence, selon Orange.Tout bénef. TF1 renoue avec les bénéfices. Plus de 14 millions d'euros, au 1er trimestre, contre une perte de 6 millions à la même période, l'année dernière. Cela dit, le chiffre d'affaire de la chaîne recule, le marché publicitaire ne se redresse pas vraiment.Pas au mieux. Twitter dévisse à nouveau à la bourse. Hier soir, il a atteint son plus bas niveau en clôture depuis son introduction, en décembre dernier. L'entreprise n'a jamais dégagé de bénéfices, ça les investisseurs le savent, mais ils s'inquiètent, aujourd'hui, en constatant que le nombre d'utilisateurs de Twitter ne progresse pas aussi vite qu'il le faudrait.

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