Quand on y réfléchit: finalement, il y a 2 façons de se tromper, de rater quelque chose. La première, c'est de se planter discrètement. Sans que personne ne s'en aperçoive. L'autre, c'est de le faire devant tout le monde. Exactement là où tous les regards sont fixés. C'est évidemment plus difficile à vivre... Cette manière-là de se planter -la moins discrète-, c'est ce que vient vivre l'INSEE. Notre très sérieux Institut National de la Statistique. Il s'est trompé en calculant le coût horaire du travail en France. Pas de chance, c'est précisément au moment où ce thème est au coeur d'un vaste débat politico-économique... la question la compétitivité française. Hier, c'est par un communiqué très sobre sans commentaire, ni excuse que l'INSEE a corrigé son erreur. Après un bon mois d'une intense polémique d'experts. Tout commence, fin décembre: l'INSEE publie, donc, pour la période 2004-2008, son estimation du coût horaire du travail en France. Il l'envoie à l'Institut statistique européen, Eurostat, pour permettre les comparaisons européennes. Le résultat est sans appel: dans l'industrie, les coûts horaires français sont 4 euros plus chers que ceux de l'Allemagne! 8 ans plus tôt, en 2000, c'était exactement l'inverse: la France était 4 euros moins chère! Ce constat, terrifiant, est repris par le cabinet Rexecode (proche de la Droite et du patronat), qui reproduit, malgré quelques réticences -c'est vrai- signalées dans le document le graphique dans un rapport remis au gouvernement. Eric Besson, ministre de l'Industrie, saisi immédiatement une Commission, chargée de mettre fin au "décrochage" de l'industrie française. Au Médef aussi, on reprend l'estimation pour s'alarmer. Et réclamer des baisses de charges. Mais voilà, entre temps, l'INSEE a déjà retiré ses statistiques. Fausses. Elle reconnaît son erreur, aujourd'hui: une mauvaise prise en compte du temps de travail réel. Qui a "gonflé" les coûts français. Hier, elle a, donc, corrigé: l'écart de 4 euros a disparu. L'industrie française et allemande sont, en fait, au même niveau! En 2008, le coût horaire français était même en dessous de l'allemand! Voilà une belle boulette, bien visible. Cela dit, à Droite, au Médef, chez Rexedode, et même à l'INSEE, on estime que cette correction ne modifie pas fondamentalement le constat: les coûts du travail augmentent, de toute façon, plus vite, depuis 10 ans, de ce côté-ci du Rhin. Pourquoi? Comment? Le rôle des 35 heures, l'enjeu de la formation des salariés et de l'innovation. L'erreur est effacée. Le débat reprend de plus belle. Info France Inter: le Médef s'est saisi du cas de Didier Lombard. Laurence Parisot a décidé de saisir la Commission "éthique" du Médef pour étudier son cas. "Il suscite de nombreuses interrogations" dit-on au sein de l'organisation patronale. C'est aujourd'hui -1er mars- que Didier Lombard quitte, officiellement, ses fonctions de président de France Télécom. Stéphane Richard devient PDG mais Didier Lombard, à 68 ans, reste. En tant que "conseiller spécial". Il retrouve, ainsi un contrat de travail, un salaire (dont le montant reste secret) et surtout le bénéfice de ses 300 mille stock-options, qu'il aurait perdu en partant directement à la retraite. Toujours plus cher. Le prix des carburants... tout proches de leurs records historiques de 2008. Gazole, mais surtout Super sans plomb.

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