Par Bruce de Galzain.

Ils sont venus nombreux hier, les petits actionnaires de la société Belvédère en redressement judiciaire. Ils sont venus voter pour ou contre le plan de la direction pour relancer l'entreprise qui possède les marques Marie Brizard, le whisky William Peel et beaucoup de vodka. 3300 salariés, 700 en France, près d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires mais une dette colossale 700 millions que Belvédère ne peut rembourser. La société frôle la faillite ! Mais les petits actionnaires ne croient pas beaucoup au plan de la direction. Normal, eux qui détiennent pratiquement tout le capital seraient dilués et ne posséderaient plus que 13% de la société. Tout le reste irait aux mains des créanciers : au lieu d'être remboursés, ils deviendraient propriétaires de l'entreprise. Les petits actionnaires n'ont pas le choix c'est cela ou la liquidation explique l'administrateur judiciaire. Mais c'était sans compter la colère de certains actionnaires. Ils ont réclamé un autre plan, une autre solution mais aussi la révocation de la direction. Sans micro pendant un moment, ils ont crié, scandé dé-mi-ssion... mais rien n'y a fait. Après une suspension de séance, la direction a poursuivi l'ordre du jour au micro sous les huées... un déni de démocratie selon certains. Tous ont eu la parole pour dénoncer publiquement les agissements de leur direction et de leurs créanciers futurs actionnaires majoritaires. Le principal visé un hedge fund américain Oaktree Capital n'aurait qu'une idée en tête prendre le contrôle de Belvédère pour multiplier par 20 son investissement de départ. C'est le scénario dénoncé par l'ex-PDG fondateur de la société hier. Selon lui Oaktree Capital est déjà propriétaire du principal concurrent de Belvédère, l'idée serait donc de fusionner les deux sociétés pour ensuite revendre le nouveau groupe au numéro 1 mondial des spiritueux ; entre temps les petits actionnaires auraient été écartés de la société. Ce scénario beaucoup y croyaient hier... mais c'est à une très large majorité que le plan de la direction a finalement été voté : Oaktree Capital deviendra le principal actionnaire. Et pourtant même l'administrateur judiciaire qui a préparé le plan avec la direction, lui aussi se disait méfiant. Il a d'ailleurs prévu un changement de gouvernance de l'entreprise et un blocage des droits de vote du fond vautour américain à 20% alors qu'il détiendra 40% du capital. Méfiant donc l'administrateur judiciaire et pourtant c'est bien la justice qui pourrait laisser faire !

Comment trouver 7 milliards ? Eh bien en taxant autant le diesel que l'essence ! C'est la Cour des comptes qui a fait ce calcul dans un rapport que s'est procuré Libération . Et la Cour estime que la différence de taxation répond davantage au souci de préserver certains secteurs d'activités (on pense à l'automobile, aux taxis, aux agriculteurs gros consommateurs de diesel) qu'à des objectifs environnementaux. Le gouvernement réfléchit en effet à une convergence de la fiscalité peut-être dès l'année prochaine mais exclut une réforme brutale.

Laurence Parisot serait-elle en campagne ? La patronne des patrons est à Rungis depuis 4h30 ce matin. En terrain conquis, certains employés ont même scandé son prénom ! Mais Laurence Parisot assure être une démocrate dit-elle, et tant que les statuts pour prolonger ou renouveler son mandat ne sont pas modifiés, elle ne déclarera pas sa candidature.

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