Nous sommes le 1er octobre aujourd'hui. Donc (et personne ne peut contester ça) nous ne sommes plus en septembre. La "fin septembre" est passée. Terminée. Si j'insiste, comme ça, c'est que "pour la fin septembre", le gouvernement attendait (semble-t-il avec beaucoup d'impatience) un rapport de la Cour des Comptes. Un rapport (un pré-rapport, en fait) qui finalement n'est pas venu. Il devait dresser un état des lieux des systèmes fiscaux allemands et français. Il devait dire où la France doit faire des efforts pour s'aligner sur le système allemand, le plus compétitif du continent. La "convergence fiscale avec l'Allemagne", c'est Nicolas Sarkozy qui en a fait un objectif prioritaire. Ca vous a peut-être échappé... c'est normal: c'est le 2 août dernier (en plein été) que le Président de la République a adressé une lettre à la Cour des comptes, lui demandant de se saisir de la question. Il fixait, alors, le calendrier précis: un pré-rapport fin septembre, et le rapport final pour la fin de l'année. La Cour des comptes, jusqu'ici n'a jamais -officiellement en tout cas- répondu à cette sollicitation. Elle devrait le faire aujourd'hui, selon nos informations. Elle va accepter la mission demandée (évidemment), mais fixer son propre calendrier: pas de pré-rapport, donc (c'est trop tard) et un rapport final, promis pour le premier trimestre 2011. "Ces questions fiscales sont complexes, il faut du temps" explique-t-on à la Cour. Qui, gentillement... subtilement... mais fermement, rejette le plan de travail fixé par le Chef de l'Etat. Ce n'est, évidemment, qu'une simple péripétie, mais cette fermeté de la Cour des Comptes peut être interprétée comme la volonté de ne pas être "instrumentalisée" par l'Elysée. L'Elysée, qui souhaite s'appuyer sur cette question de la "convergence avec l'Allemagne" pour assouplir, sinon faire disparaître le bouclier fiscal, un "boulet politique", dans la perspective de la Présidentielle. Peu importe, d'ailleurs, si, il y a 3 ans, l'argument était inverse: on instaurait le blouclier fiscal parce qu'Allemagne en avait un. Ce qui était faux, la majorité le reconnaît désormais. Tendez bien l'oreille en écoutant, en ce moment, les ministres ou les responsables de la majorité (exemples récents: Lagarde, Baroin et Copé): depuis quelques temps, ils n'ont, comme par hasard, que l'Allemagne à la bouche... où, précisent-ils, il n'y a pas d'Impôt sur la Fortune... ni de bouclier fiscal. "Pourquoi ne pas faire comme eux!" ajoutent-ils. "Nous nous appuyerons sur les conclusions de la Cour des Comptes", disait récemment François Baroin. Il devra attendre, plus longtemps que prévu. Bonne nouvelle: les salaires augmentent! Mais c'est en Allemagne! Qui affiche, décidément, une santé économique insolente. Pour la première fois depuis le début de la crise, le syndicat IG Metall a obtenu une hausse de 3,6% pour les salariés de la métallurgie. Et on sait que traditionnellement en Allemagne, la métallurgie donne le "tempo" pour tous les autres secteurs. Où, ça une crise? L'Espagne, à nouveau dégradée par une agence de notation... les comptes publics de l'Irlande plombés par le sauvetage de la banque Anglo Irish... les marchés boursiers ont plutôt bien résisté aux mauvaises nouvelles d'hier. Les reculs ont été limité. A Bruxelles, les ministres des Finances affirment que l'Irlande n'aura pas besoin d'un plan de sauvetage.

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