"Si LCI ne devient pas gratuite, il faudra la fermer": la petite phrase de Nonce Paolini, le patron de TF1 et, donc, de LCI (la chaîne info), cette petite phrase, lâchée devant quelques journalistes, hier, n'est pas passée inaperçue. Mais n'a pas vraiment surpris ceux qui suivent de près le monde merveilleux de la télévision française. Et elle tombe, opportunément, juste avant le début de l'examen au Sénat, d'une nouvelle réforme de l'audiovisuel français. "Bluff", "chantage"... chacun a sa version de cette "sortie" du patron de TF1. Qui au passage met dans l'angoisse les 200 salariés de la chaîne. Alors, il faut, comme souvent, remonter le fil de cette histoire. Au tout début, cette Loi ne visait qu'à revenir sur le mode de désignation des patrons de chaînes publiques de radio et de télé. Ca reste le coeur du projet, mais le texte s'est, avec le temps, étoffé (proposant, plus largement, une extension des pouvoirs du CSA, le Conseil Supérieur de l'Audiovisuel) et il a, finalement, dérivé pendant l'été, en ajoutant cette question à toutes les autres: quel avenir pour LCI? Ca s'est passé nuitamment, lors de l'examen du texte, en juillet, à l'Assemblée nationale: un amendement, adopté avec le soutien du gouvernement, a donné un pouvoir nouveau au CSA: celui de faire passer une chaîne de la TNT payante au gratuit. Le tout, sans passer par la procédure habituelle de l'appel à candidature. On l'a vite appelé l'"amendement LCI", tant il colle parfaitement au souhait de TF1... eh bien précisément de tranformer LCI en chaîne gratuite de la TNT. Cet amendement peut aussi plaire à M6 qui pourrait vouloir faire de même avec Paris Première. Le tollé a été immédiat, en tout cas: Canal+, propriétaire de itélé, et Alain Weill, patron de BFMTV, les 2 chaînes tout-info de la TNT gratuite, sont montés au créneau, dénonçant le "gros cadeau" fait à TF1 (par la gauche au pouvoir). Depuis, ils n'ont de cesse d'annoncer le pire si au bout du processus (dont ils ne doutent pas), la Loi est votée (même avec quelques garde-fous, comme l'obligation d'une étude d'impact), et le CSA tranforme LCI en chaîne gratuite, "il y aura forcément de la casse", disent-ils, parce qu'il n'y a pas de place pour 3 chaînes d'information en continu, vivant de la seule publicité. "Le marché n'est pas extensible". Une formule fait florès: "d'un malade (LCI), on va faire 3 moribonds". Nonce Paolini, patron de TF1, répond du tact au tact: "mais pourquoi ont-ils si peur de la concurrence?".

Faillite. Le monde vit toujours sous la menace d'une grande faillite bancaire! Et c'est le Fonds Monétaire International qui le dit. Dans un rapport publié, hier. 5 ans après la chute de Lehman Brothers, "l'économie mondiale fait toujours face aux risques -c'est au pluriel- d'une faillite d'un géant bancaire". Pourquoi? Selon le FMI, parce que la réforme de la finance mondiale reste "inachevée".TVA. Au Japon, un "virage" pour le Premier ministre Shinzo Abe, salué jusqu'ici pour ses réformes économiques. Il vient de décider d'augmenter la TVA. Comme quoi, ça n'arrive pas qu'ici. Et là-bas aussi, l'objectif est de contenir la dette.

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