"Une opération vérité, mais quelle vérité?". C'est ainsi qu'un expert des questions budgétaires s'interrogeait tout, haut récemment après ce que le gouvernement considère, oui, comme son opération vérité sur les comptes publics. Elle sera confirmée, ce matin, à l'occasion de la présentation du Budget 2015. En résumé: croissance en berne, déficits en hausse, cette année et dette record (la fameuse barre des 2 mille milliards d'euros, franchie, hier). Quelle vérité? Le Haut Conseil des Finances Publiques apporte une réponse. Ce Conseil, c'est lui, qui, désormais, à chaque présentation d'un texte budgétaire, doit juger si les prévisions économiques retenues par le gouvernement sont bonnes, et, surtout, si les ambitions affichées sont conformes aux objectifs fixés à moyen terme. Il vient, donc, de rendre sa copie, ou plutôt ses copies: 2 avis, datés du 26 septembre dernier, adressés au gouvernement et à quelques parlementaires. On vous les révèle ici. Pour 2014, le Haut Conseil juge "réaliste" la croissance finalement retenue (0,4%). Pour 2015, en revanche, il doute. Sérieusement. Pour construire son budget, le gouvernement table sur 1% (c'est, à peu près le consensus des économistes) mais les experts du Haut Conseil trouvent cette prévision trop "optimiste". Ils écrivent: "1% de croissance, l'année prochaine, suppose un redémarrage rapide et durable de l'activité... que n'annoncent pas les derniers indicateurs". Bref 1% en 2015, c'est loin d'être gagné. A part l'euro, qui pourrait poursuivre sa baisse face à dollar, et donc donner l'air à toute l'économie européenne, le haut Conseil voit "plusieurs fragilités" dans le scénario du gouvernement. L'environnement international sera, peut-être, moins bon que prévu. La reprise des investissements pas aussi forte qu'espérée. La consommation des ménages, elle aussi, pourrait décevoir, en raison d'un chômage persistant. Je vous fais grâce du paragraphe sur "un certain nombre d'aléas susceptibles d'affecter les perspectives de croissance", comme les tensions géopolitiques, pour en venir à ce qui est le plus cruel pour le gouvernement. Le Haut Conseil constate que l'effort structurel d'amélioration des comptes public (c'est-à-dire en faisant fi de la conjoncture) marque le pas. C'est inquiètant, parce que jusqu'ici, c'est avec cet argument qu'on arrivait à amadouer nos partenaires européennes. "L'écart avec la trajectoire prévue, écrit le Haut Conseil, s'accroît. A le lire, on comprend que le gouvernement quand il s'y prenait, en augmentant les impôts, arrivait à tenir ses objectifs. Quand il s'y prend, comme aujourd'hui -c'est ce qu'il dit- en s'attaquant aux dépenses, en faisant des économies, là, il échoue.

Débarquement. Netflix a, semble-t-il, réussi son débarquement en France. C'est le Figaro, ce matin, qui publie le chiffre. Netflix, le géant américain de vidéo en ligne (par abonnement, en consommation illimitée) compte déjà plus de 100 mille utilisateurs en France. Conquis en 15 jours. A comparer avec les 500 mille abonnés du service français équivalent, CanalPlay. Il y a un bémol, malgré tout (et un gros): le premier mois, Netflix est gratuit. Il va, donc, falloir attendre un peu pour savoir si les premiers utilisateurs français renouvelleront, bel et bien, leurs abonnements.

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