Y'aura-t-il des bretzels à la fête de la bière, de Munich, à la fin de ce mois? Pas sûr. Une menace de pénurie plane. Menace de pénurie de bretzels, et de petits pains, qui accompagnent, traditionnellement les chopes de bières. C'est une grève des boulangers bavarois qui pourrait, ainsi, perturber l'événement. C'est un responsable de la section régionale du syndicat (allemand) de la gastronomie qui agite, ainsi, cette menace, en pleine négociation salariale: le syndicat réclame +6,5%. La dépêche de l'AFP, annonçant la nouvelle, précise que le bretzel, en forme de noeud, est très prisé pendant la fête de la bière de Munich, comme ces petits pains ronds, dans lesquels on glisse des saucisses. Pourquoi je parle de ça? D'abord pour constater qu'il n'y a pas qu'en France que les menaces de grèves sont agitées ainsi: dans les aéroports avant les départs en vacances, chez les conducteurs avant l'inauguration d'un tramway. L'action syndicale s'appuie, aussi, sur ces moments particuliers, où il semble plus facile de se faire entendre. Mais surtout, cette négociation salariale qui tourne mal (en tout cas, à ce stade), nous ramène au coeur du problème de l'Europe entière, où on attend de l'Allemagne qu'elle relance, enfin, l'activité économique du continent, en soutenant sa demande intérieure. Il y a le débat sur l'austérité budgétaire (qui ne fait que commencer), mais il y a, donc, aussi cette question des salaires allemands: contenus ces dernières années, au nom de la compétitivité du pays, "ils doivent repartir à la hausse" affirment nombre d'économistes, d'institutions internationales. Ce serait bon pour l'Europe entière. Cet été, de manière tout à fait inédite -il est plutôt réputé pour sa rigueur-, c'est le patron de la Bundesbank qui a suggéré une hausse des salaires en Allemagne. Jens Weidmann a même fixé un cap: +3%, en ligne, selon lui, avec le niveau d'inflation et les gains de productivité attendus. Sa déclaration a suscité un vif débat de l'autre côté du Rhin.Débat que poursuivent, donc, à leur façon, les fabricants de bretzels.

C'est non. La CGT dit "non" à tout changement concernant les seuils sociaux. Pour la CFDT, il n'y a pas de "sujet tabou". Pour le ministre du Travail, François Rebsamen des "points d'accord" sont possibles entre patronat et syndicats. Dans un entretien accordé, ce matin, au journal l'Opinion, Thierry Lepaon dit, lui, son opposition totale: "nous ne négocierons rien sur les seuils sociaux" dit le secrétaire général de la CGT. Pour lui, il n'y aucun rapport entre le niveau des droits de représentation des salariés dans l'entreprise, et la création d'emplois. A propos du discours du Premier ministre, devant le Medef, mercredi dernier, commentaire du n°1 de la CGT: "Manuel Valls a une vision ringarde de l'entreprise, en la limitant aux seuls patrons" dit Thierry Lepaon.

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