Il y a un grand absent au Sommet de Londres. Qui pourtant est dans tous les esprits : c'est le dollar. Le dollar "roi". Le dollar dominateur et qui n'est pas étranger à la crise que nous vivons. Les questions monétaires ne sont pas officiellement au programme des travaux, aujourd'hui, mais la Chine, la semaine dernière, la Russie, hier, ont rejoint d'autres pays émergents (et la France qui en parlait aussi il y a quelques semaines) pour dire, tout haut, que cette question mérite d'être posée aujourd'hui. "Le dollar, c'est Notre monnaie et c'est Votre problème": c'est l'administration Nixon qui avait lâché cette petite phrase. L'affaire n'est, donc, pas nouvelle mais le problème redevient aïgu avec cette crise. Et d'abord parce que les Chinois s'inquiètent, tout bêtement, pour leur argent. Ils ont beaucoup acheté des Bons du trésor américains. C'est eux, en fait, qui aujourd'hui "financent" l'économie américaine. Ils voient donc d'un très mauvais oeil que le dollar perde de sa valeur. Le billet vert ne cesse de reculer depuis plusieurs semaines. Et avec les dernières décisions prises à Washington (notamment par la Réserve Fédérale), ce mouvement baissier ne peut que continuer, dans les prochains mois. Bref, les Chinois découvrent les limites du système monétaire international, hérité de l'après-guerre (hérité de Bretton-Woods): la suprématie d'une monnaie -le dollar devenu monnaie internationale- mais qui répond aux intérêts d'un seul pays : les Etats-Unis, en l'occurence. C'est pour ça que les Chinois (et pas mal d'autres) proposent de réfléchir à créer une nouvelle monnaie internationale, une monnaie de réserve (qui viendrait remplacer le dollar) et qui pourrait être gérée, par exemple, par le FMI. On en est loin. Très loin, évidemment. Parce qu'on l'a compris, les enjeux sont énormes (et croisés). Parce qu'aussi, et tout simplement, une monnaie mondiale ne se décrète pas, elle s'impose. Remarquez, elle peut disparaître aussi. Comme la Livre sterling, après 2 siècles de domination. Le G20, mais aussi la Banque Centrale Europénne. C'est, en fait, elle qui devrait prendre, aujourd'hui, la mesure la plus concrète et la plus immédiate contre la crise. La BCE va sans doute, à la mi-journée, une nouvelle fois baisser son principal taux directeur. A un niveau jamais atteint : 1%. 1%, seulement. La BCE commence à prendre au sérieux, la menace d'une déflation, en Europe. Après le décret. Les salaires des patrons : le décret Fillon ne suffit pas. C'est l'avis de nombreux parlementaires, y compris à Droite et au Centre. Cette nuit, au Sénat, un amendement interdisant les stock-options et encadrant strictement les bonus a été adopté, contre l'avis du gouvernement et de l'UMP. A l'Assemblée également, députés de Droite et de Gauche ont confirmé, hier, leur volonté de légiférer d'ici à cet automne sur cette question du salaire des patrons.

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