Ca s'est produit au moment même où se déroulait, à Matignon, la passation de pouvoir entre Jean-Marc Ayrault et Manuel Valls. A la Bourse de Paris, l'indice CAC 40 inscrivait un record en séance (4 440, 04 points, pour les puristes), un niveau plus atteint depuis septembre 2008 (soit juste avant la chute de Lehman Brothers). "C'est un pur hasard" s'empresse d'expliquer un expert de la bourse. "Ne cherchez pas un effet Valls, sur les marchés: il n'y en a pas! En tout cas, pas aujourd'hui" dit-il, avant de poursuivre: "le marché action est au plus haut depuis le début de l'année, et poursuit sa progression. Quant au marché de la dette (et singulièrement de la dette des Etats), il est gavé d'argent depuis quelques mois, de l'argent en provenance des pays qui font tourner la planche à billets (comme les Etats-Unis), donc les taux sont à un nivau très bas. Le "spread", l'écart de taux avec l'Allemagne, lui, n'a pas bougé de manière significative, non plus. Bref, pour les milieux financiers, les choses vont plutôt bien ("le marché est moins agressif vis-à-vis de la France, mieux disposé") mais ça n'a rien à voir avec la nomination d'un nouveau Premier ministre, même si le choix de Manuel Valls les ravit. "On laisse le prof d'Allemand, pur produit socialiste pour un profil beaucoup plus pragmatique, qui arrive de l'aile droite de PS, c'est forcément un mieux!" dit encore un gestionnaire de fortune, pas ébranlé du tout pas le souhait de François Hollande d'aller négocier, à Bruxelles, un nouveau délai pour atteindre les 3% de déficits. Hier matin, dans une note adressée à leurs clients -étrangers, notamment- les analystes de la Société Générale CIB rappelaient, de leur côté, qu'on présentait parfois Manuel Valls comme le "Tony Blair du Parti Socialiste français". Une référence, forcément, rassurante pour les investisseurs. Qui attendent, surtout maintenant, comme nous tous, la composition du nouveau gouvernement. Eux, auront cette grille de lecture, résumé par un "stratégiste" de la Société Générale (dont le métier est d'anticiper les évolutions des taux d'intérêt sur la dette française): "plus y il aura, dans cette nouvelle équipe gouvernementale, de "poids lourds" du PS (comprendre: de socialistes pur jus), moins il y aura de réformes, mais plus stable sera la majorité". Inversement: "moins il y aura de caciques PS, plus y aura de réformes, mais plus grande sera l'incertitude politique, en France"... l'incertitude, ce redoute par dessus tout, les marchés.

Soutiens. En plein remaniement, les patrons du web soutiennent Fleur Pellerin. Et forcément, c'est sur les réseaux sociaux que ça se passe. Sur Twitter notamment, avec le hastag #KeepFleur. Les anciens leaders du mouvement des pigeons, notamment, apportent leur soutien. Marc Simoncini, le fondateur de meetic a tweeté, cette phrase élogieuse: "le numérique mérite un grand ministre, ne changez rien... on l'a!". Carrément!Mer. Sinon, dans la vieille économie: l'avenir de la SNCM. La grève a été levée, finalement, hier. Les syndicats se sont dits rassurés par les garanties apportées par l'actionnaire principal de la compagnie maritime marseillaise. Transdev a fait savoir qu'aucune raison, à ce stade, ne justifiait pas un dépot de bilan. Le groupe a, aussi, annoncé être entré en négociation avec un norvégien pour vendre sa participation dans la SNCM.Banques. Un groupe d'investisseurs et de fonds de pensions vient de déposer plainte contre 12 grandes banques, accusées d'avoir manipulé le marché des changes. Parmi elles: BNP Paribas.

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