Travail du dimanche, hier, pour une partie du gouvernement. En fin de journée, plusieurs conseillers ministériels ont dû écouter leur week-end, convoqués pour régler les derniers détails d'une cérémonie qui doit se dérouler, ce soir, au CentQuatre, un lieu culturel et branché de Paris. C’est de là que François Hollande va lancer, tout à l'heure, un "concours mondial d’innovation". L’initiative est sans précédent, imaginée dans le Rapport « Lauvergeon », remis au Président de la République en octobre dernier.

Anne Lauvergeon, présidente de la Commission Innovation 2030
Anne Lauvergeon, présidente de la Commission Innovation 2030 © Maxppp

"Innovation 2030" fixait 7 domaines stratégiques pour la France (comme le stockage de l’énergie ou la valorisation des richesses marines), et proposait de lancer un concours, international, pour identifier une centaine de projets prometteurs. Chacun recevra 200 mille euros, dans un premier temps, et jusqu’à 20 millions pour ceux qui iront au terme de sélection. N’importe qui sur la planète peut candidater, la seule condition, c’est que le projet soit porté par une entreprise, ou une filiale, basée en France. Le lancement de ce concours, par le Président de la République, se veut un moment important... un moment "positif, porteur" (dans une période qui en manque tant): hier soir, du coup, chacun veillait au moindre détail lors de la répétition générale. Un représentant de l'Elysée a vérifié la couleur du rideau ("ce n'est pas le bleu prévu"), Anne Lauvergeon a répété son discours, calé son texte sur la vidéo du grand écran.

Arnaud Montebourg, lui, est venu prendre connaissance du dispositif. "Je like" a-t-il tranché, avant de tester, devant ses conseillers, le début de son intervention: « dans la déferlante technologique mondiale, la France a fait le choix d’être au plus haut dans la course ». Mais avant de repartir, le ministre du redressement productif est allé saluer, en coulisse, ceux qu'on pourrait appeler les "invités surprise" de cette cérémonie. C'est une initiative signé "Montebourg-made in France". Pour la séquence de dialogue-vidéo, de "chat-vidéo" avec quelques grands témoins (indien, américain ou encore marocain) qui interviendront pour dire tout le bien qu'ils pensent de la France innovante, le ministre décidé de solliciter, non pas à Google, le géant américain, mais une start-up française, basée à Lyon. Glowbl, c'est son nom, a été créé il y a, à peine 2 ans. 14 salariés aujourd'hui. Elle propose une solution nouvelle pour des vidéoconférence via internet, mais son ambition est toute autre: Glowbl travaille à réinventer notre utilisation d'internet: les internautes ne plus être de simples numéros, adresses IP, ou peudos, ce sont acteurs, des "bulles" (c'est comme ça qu'ils sont en tout cas, matérialisés à l'écran), qui peuvent interagir sur n'importe quel contenu. C'est "l'internet des humains" expliquent ses fondateurs, partis au départ avec l'idée de recréer quelque chose se rapprochant d'une salle de concert: on y entre, on écoute et, surtout, on partage ses impressions, avec ses voisins. La différence, c'est que tout est virtuel. C'est le web 3.0 "100% français", que va, donc, tester grandeur nature, ce soir, le Président de la République.

Rechute. Le moral des cadres rechute: c'est principal enseignement de notre "Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro". Après une nette amélioration à la rentrée -un bon 3ème trimestre-, le moral des cadres replonge, poussé par les difficultés économiques et les multiples contestations fiscales. Presque 2 cadres interrogés sur 3 estiment que la situation économique va se dégrader, dans les prochains mois. Comme le chômage: les cadres ne voient pas l'inversion promise. Ils notent encore un recul de la motivation au travail, de leurs collaborateurs.

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