Hier, on en a encore trouvé. La France en a encore trouvé. Sans problème, même. Pour un plus de 7 milliards d'euros, au total. Ce que la France a trouvé ce sont des investisseurs qui ont accepté de payer pour nous prêter de l'argent! C'est le cas depuis plusieurs semaines: la France, chaque lundi -c'est le jour fixé pour ces opérations- s'endette, à court terme, à des taux négatifs. Je le répète, donc: ceux qui prêtent de l'argent à la France, acceptent... d'en perdre un peu! Ils nous prêtent 100 euros, 3 mois plus tard, on leur rembourse un peu moins: 99 euros 98, quelque chose comme ça. Ils ne sont pas fous, ces investisseurs, il y a 2 motivations possibles. Soit ils sont tenus d'avoir dans leurs comptes des titres de pays considérés comme sûrs, et malgré les déclinistes, la France en fait encore partie. Donc, ils achètent de la dette française, même s'ils perdent quelques plumes. Soit il s'agit d'établissements financiers qui regorgent d'argent et qui ne savent pas quoi en faire: les taux français, légèrement négatifs, sont alors plus intéressants que les taux pratiqués par la Banque Centrale Européenne. Le résultat est là: au début de cette année, la France s'endettait, à moins d'un an, à 0,16%, on est, aujourd'hui, à -0,02%. Mais cette tendance à la baisse des taux se ressent aussi sur la dette à long terme,10 ans et plus. Là, faut pas rêver, les taux restent positifs mais viennent de passer sous la barre symbolique de 1%. La France s'endette donc, pour pas cher. Non seulement, le déficit, c'est-à-dire la dette nouvelle est financée à un coût très bas mais le stock de dette, lui aussi, est refinancé à un prix très intéressant. On remplace, petit à petit, de la dette à taux élevé, par de la dette à taux très bas. Et les spécialistes pensent que ça va durer. Ca tombe bien parce qu'une immense vague s'annonce. En 2015, c'est la dette du début de la crise financière qui commence à arriver à échéance. Beaucoup de dette, autrement dit: ce qu'un ministre, perfidement, appelle la "dette Sarkozy". On n'a pas les moyens de la rembourser évidemment, on va, donc, la reconduire, repousser les échéances. Mais à des taux bien plus favorables. Ce n'est pas très glorieux, mais c'est financièrement efficace.

Chouette! La chute des prix du pétrole est une "bonne nouvelle". C'est Christine Lagarde qui le dit. La baisse des cours du pétrole brut, c'est une "bonne nouvelle pour l'économie mondiale" dit-elle, "même si il y aura des gagnants et des perdants", précise la patronne du FMI. Du côté des perdants: il y a clairement la Russie. Ses recettes budgétaires sont très largement issues de l'exportation de pétrole. Elles se réduisent, donc, mécaniquement. S'ajoutent les sanctions internationales, liées à la crise ukrainienne. Hier, le rouble a poursuivi sa chute vertigineuse: depuis le début de l'année, 40% de perdu face à l'euro. 60% face au dollar.

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