Banque "toxique", banque "pourrie" ou "bad bank", pour le dire plus joliment, c'est, en ce moment, le "concept", l'idée la plus discutée (c'était le cas à Davos, la semaine dernière) pour sauver les banques et le système financier mondial. Bêtement, on pensait que c'était fait, et qu'on passait maintenant au volet économique de cette crise. Non -retour à la case "départ"- il faut, à nouveau aujourd'hui, venir au secours des banques, leur éviter la faillite, et, donc imaginer des solutions nouvelles. D'où cette idée désormais sérieusement évoquée de "bad bank". Elle peut se décliner sous plusieurs formes, mais grosso modo, il s'agit de créer des structures de défaisance : des structures financières, dans lesquelles on va mettre tous les actifs "pourris" accumulés par les banques ces dernières années, notamment dans les fameux subprimes. Ces "banques pourries" seraient évidemment, ensuite, à la charge de l'Etat. Et donc des contribuables. En France, on a déjà connu un tel scénario par le passé : c'était pour le Crédit Lyonnais. Un tel dispositif, en tout cas, a pour but de sauver de la faillite les grandes banques commerciales (bien que fautives mais leurs faillites seraient bien pire). Surtout, en redevenant des "bonnes banques", elles pourraient à nouveau lever de l'argent frais, dans des conditions redevenues correctes, et reprendre, du coup, une activité normale d'octroi de crédits aux ménages et aux entreprises. Reste à savoir, évidemment, quelles contreparties on va imposer aux banques pour cet immense cadeau que serait la création de telles structures de défaisances, qui leur évite, en fait, et c'est très clair, la nationalisation pure et simple. En France, on n'en parle pas encore mais les bad banks, c'est peut-être bientôt une réalité en Belgique, en Allemagne, et aux Etats-Unis. Le gouvernement donne forme à son Plan de relance. "Il constitue la meilleure réponse à la crise", selon Eric Woerth, le ministre du budget. Tout à l'heure, à Lyon, François Fillon dévoile les mille projets, les mille chantiers retenus : construction de routes, d'autoroutes, de logements sociaux par exemple. Pour le gouvernement, ces projets sont équitablement répartis sur le territoire, ils peuvent démarrer très vite (3 quarts des sommes engagées doivent être dépensées, dès cette année). Ils sont aussi "identifiables et visibles" pour montrer aux Français où va l'argent débloqué. Et mainteant ? Après les manifestations de jeudi, les syndicats se revoient, ce soir, pour définir la suite à donner à leur mouvement. + 45 mille. Christine Lagarde confirme, ce matin. En décembre, le nombre des inscrits à l'ANPE a fortement augmenté d'environ 45 mille personnes.

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