"Il est comment, en vrai, le nouveau ministre grec des Finances, Yanis Varoufakis? Avouons-le, c'est aussi pour ça qu'on s'est rendu, hier soir -un dimanche soir!- à Bercy, au ministère, pour la conférence de presse organisée avec son homologue français, Michel Sapin. "Iconoclaste", "rebelle", "rock n'roll": les portraits dressés par la presse depuis sa nomination vont tous dans le même sens. Yanis Varoufakis, hier soir, à Bercy, n'a pas déçu, d'une certaine manière: pas de cravate évidemment, une chemise qui dépasse de la veste, une main dans la poche quand il lit son discours: il ne donne pas l'impression de surjouer la décontraction. Mais on va le découvrir, également, habile, beaucoup plus politique et diplomate que "punk", un homme venu proposer à l'Europe, un "nouveau contrat", présenté "non pas à l'avantage des Grecs, mais de toute la zone euro". Michel Sapin avait donné le ton juste avant lui: "la dette, il n'y a que cela qui vous intéresse" lâche le ministre français aux journalistes présents, la dette grecque, c'est important mais c'est un sujet parmi d'autres", tente de minimiser, le Français. "La Grèce doit rester dans la zone euro. Elle a besoin, comme tout le monde, de croissance, d'investissements, et de réformes". Yaris Varoufakis acquiesse, à chaque fois. Evoque, lui, un peu plus tard, Jean Monnet et l'esprit des Pères fondateurs de l'Europe ("il ne faut pas être les uns contre les autres, mais tous du même côté de la table, face aux problèmes", dit Varoufakis. "Pas question d'opposer le Sud et Nord de l'Europe"). Il se dit, également, au détour d'une phrase, "de l'école des Monty Python", sans qu'on comprenne vraiment ce que ça veut dire. Il demande du temps (un mois, un mois et demi) pour faire des propositions à ses partenaires. Espère un Accord définitif, fin mai. Yanis Varoufakis se dit sûr, que d'ici là, la Banque Centrale Européenne et les créanciers de la Grèce accorderont à son pays les liquidités necéssaires pour tenir. Mais, à la question précise, pour savoir s'il demande, toujours, l'effacement d'une partie de la dette grecque, le ministre "iconoclaste, rebelle et rock n'roll" botte en touche. "Je ne suis un homme politique que depuis 15 jours", réplique-il, "permettez-moi de vous répondre en tant qu'économiste"... avant de noyer le poisson, et ne pas répondre à la question. Hier soir, à Bercy, l'heure n'était pas encore au reniement d'une promesse de campagne.

Les cadres vont mieux. Un étonnant rebond de notre Baromètre France Inter Viavoice HEC Le Figaro. Le moral des cadres reste encore très bas (à cause du chômage, notamment) mais on note, cela dit, un très net rebond. C'est, en fait, l'amélioration des perspectives pour la France, qui explique ce résultat: une meilleure anticipation du niveau de vie général. 2 explications à ça: la Loi Macron qui plait aux cadres, mais aussi l'effet psychologique des attentats. Le sursaut "je suis Charlie", et le regard subitement "positif" porté sur la France, depuis l'étranger.

L'équipe
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.