modeste proposition
modeste proposition © Radio France
Avec 5 euros, peut-on sauver, définitivement, la zone euro? 5 euros, c'est le prix d'un tout petit livre, qui sort aujourd'hui, 2 janvier. Un livre qui affirme avoir la solution pour sortir l'Europe de la crise. "Modeste proposition pour résoudre la crise de la zone euro" -c'est son titre- sort aux éditions "Les petits matins" (en partenariat avec [l'Institut Veblen](http://www.veblen-institute.org/)). Les 3 auteurs sont économistes: Stuart Holland, Yanis Varoufakis et James Galbraith. La préface, elle, est signée par Michel Rocard, qui salue cette "mosteste proposition": "je n'ai trouvé aucune objection dirimante qui paraisse rendre la chose impossible" écrit l'ancien Premier ministre français. Traduction: le bouquin, ses propositions lui paraîssent crédibles. Tout comme la démarche "modeste", autoproclamée. "Modeste" qu'il faut comprendre ainsi: les 3 auteurs ne suggèrent nullement de créer de nouvelles institutions au sein de l'Union, ne cherchent pas à redessiner la zone euro, ne demandent aucune nouvelle règle, ou réécriture des Traités. Aucun "saut fédéraliste". Ils se veulent réalistes, très pragmatiques. Affirmant une chose: il existe une alternative à l'austérité, une politique qui n'a rien résolu puisque, pour eux, la zone euro courre toujours le risque d'une implosion. La "fragmentation de la zone euro reste une réalité", écrivent-ils: 10 euros déposés dans une banque grecque valent moins que 10 euros déposés dans une banque espagnole, qui, eux, valent moins que les 10 euros déposés dans une banque allemande. Alors quand on attaque la lecture de ce petit livre (il faut moins de 30 minutes, pour l'achever), on devient vite impatient. La préface, l'introduction, la remise dans le contexte, économique, politique, institutionnel... la "modeste proposition" ne cesse d'être annoncée, mais tarde à venir. Cela dit, comme pour un film à suspens, je me demande si je dois vous révéler la fin, vous donnez les détails de cette "solution". La vérité, c'est qu'elle est assez technique, assez pointue. C'est une vraie solution d'économistes, qui fait appel à la BCE, au MES, à la BEI, au FEI, au plus obscure encore "TARGET 2". Leur utilisation, ordonnée, intelligente (les auteurs le promettent) permettrait de mettre fin aux 4 crises du moment: crise bancaire, crise des dettes, crise de l'investissement et crise sociale. C'est intriguant, stimulant. Les auteurs le répètent: la proposition qu'ils avancent cherche d'abord, avec des mesures à portée de mains, à rompre avec l'austérité. "La dette n'est pas le problème, c'est le symptôme, celui de l'architecture défaillante de la zone euro". **David contre... François.** David Cameron dénigre la politique économique de François Hollande. C'était hier, dans une tribune publiée par le Times, à Londres. Le Premier ministre britannique vante son action. "2014 sera l'année où nous commencerons à faire de la Grande-Bretagne la grande sucess-story de l'après-crise", écrit David Cameron, avant de critiquer, sans la citer -c'est vrai- la France. "Si vous doutez des effets désastreux que représenterait le retour des politiques économiques inspirées par les Travaillistes", affirme David Cameron, "regardez les pays en train de suivre cette approche: ils font face à un chômage croissant, une stagnation industrielle et leurs entreprises sont en chute libre". Pour le Times, c'est très clair: le Premier ministre britannique visait la France, une attaque à l'endroit de François Hollande.
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