Au moment où l'Elysée et le gouvernement lancent une vaste concertation sur le "grand emprunt", et surtout les moyens de dépenser l'argent qui va être récolté, l'exemple d'EDF et son grand emprunt obligataire "à lui" est évidemment une affaire à suivre. Comme une sorte de répétition générale. Alors, si on regarde la face visible des choses : c'est le succès ! Hier soir, EDF a annoncé avoir collecté 2,5 milliards d'euros, depuis le 17 juin. En 15 jours, donc, de souscription auprès des particuliers. Du coup, la date de clôture de l'opération est avancée : si ça vous intéresse, il ne vous reste que jusqu'à lundi soir prochain pour demander à votre banquier de vous inscrire. L'opération est donc réussie -bravo !- mais en fait (et tout le monde le sait), il ne pouvait en être autrement. D'abord, il faut le rappeler (et c'est aussi le cas du futur emprunt "Sarkozy-Guaino"), EDF n'avait aucune obligation de lancer une telle souscription. L'entreprise, comme l'Etat, se financent aujourd'hui sans problème sur les marchés. Et à un prix très raisonnable. L'emprunt est, donc, autant une opération de communication qu'une opération financière. EDF d'ailleurs avait fixé un objectif manifestement bas -1 milliard d'euros. Il est, donc, facilement et très largement, dépassé ! Le montant du futur grand emprunt de l'Etat, jusqu'ici tenu secret (en tout cas, on nous dit qu'il n'est pas encore fixé") sera, sans doute, lui aussi et probablement "raisonnable". Ce qui permettra, ensuite, de se féliciter de l'engouement des Français. Avec, sans doute, les mêmes termes que ceux choisis par le patron d'EDF, hier soir. Aucun jargon comptable, financier, technique pour le coup. Pierre Gadonneix utilise l'affectif : "ce succès témoigne de l'attachement des Français à EDF et de leur confiance". Voilà qui ne rassurera pas ceux qui craignent un grand emprunt d'Etat-plébisciste. Enfin, reste la question du coût de l'opération : là aussi, l'exemple EDF est intéressant. Si l'entreprise arrête plus tôt que prévu sa souscription, c'est aussi parce qu'elle coûte cher, en taux d'intérêt, en commissions bancaires. Plus cher qu'une opération "classique" de refinancement sur les marchés. Pas de mesures concrètes, hier, au "Sommet social" de l'Elysée... mais un engagement. Et une petite surprise ! Nicolas Sarkozy, devant les syndicats a, comme prévu, dressé hier un bilan positif des mesures anti-crise, mises en place depuis l'automne dernier. Il n'a annoncé, du coup, aucune mesure nouvelle. En revanche (et c'est l'engagement), le Chef de l'Etat a ouvert la voie à l'extension des aides aux salariés précaires, CDD ou intérimaires victimes de la crise. Et puis la surprise : Nicolas Sarkozy accepte d'ouvrir une discussion sur les allègements de charges accordées aux entreprises. Vieux débat. 20 milliards d'euros par an, en jeu. Calculées sur la base du SMIC, elles sont accusées d'empêcher l'augmentation des bas salaires. Après les ouvriers et les employés... les cadres ! Ils sont rattrapés par la crise. Selon une étude de l'APEC publiée ce matin, les recrutements devraient chuter de 27% cette année. Les jeunes diplômés sont les plus pénalisés. La "taxe carbone", ou la "taxe verte" pour bientôt ? Elle doit servir à limiter notre consommation en énergies fossiles. Une conférence débute aujourd'hui à Paris pour imaginer ses contours.

L'équipe
Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.