Ils seront tous là, tout à l'heure. Tous, enfin presque. Joseph Stiglitz, le Prix Nobel d'Economie, devrait intervenir mais par téléphone. A part lui donc, le "Comité Indépendant pour la Croissance et le Plein-Emploi" (admirez l'intitulé) sera au complet. Réuni à 13h30 à Bercy pour la première réunion de ce qu'on pourrait, aussi, appeler le "Haut-Conseil Montebourg", sorte de Conseil des Sages, créé au sein du Ministère de l'Economie. C'est tout à fait inédit, d'autant que ce Conseil pourra s'appuyer sur les outils, l'expertise, les fonctionnaires du Trésor. Ce Conseil est chargé de guider les choix du ministre. "D'animer le débat économique" comme l'explique depuis quelques jours son cabinet. Traduction: il s'agira d'animer le débat au sein du gouvernement et de la majorité... d'autant que si officiellement, ce Comité est chargé d'analyser la politique économique européenne, concrêtement, il ne se privera pas decommenter la politique française. Traduction plus fine encore: ce Conseil, il pourrait bien être chargé de dire tout haut ce que le ministre Montebourg pense tout bas. Cette idée, en tout cas, Arnaud Montebourg l'a eu, dès le remaniement et l'élargissement de son périmètre ministériel (du Redressement productif à l'Economie). 5 économistes ont été sollicités pour constituer ce "Conseil indépendant pour la Croissance et le Plein-Emploi". L'Américain Stiglitz donc. Les Français Jean-Paul Fitoussi et Philippe Martin, l'Allemand Peter Bofinger, l'Italien Enrico Giovanini. Que des Keynésiens qui ne devraient pas se gêner pour critiquer les politiques menées, partout en Europe. En fait, c'est déjà fait.. dans son premier avis, qui sera rendu public, dans la journée, le "Haut-Conseil Montebourg" dresse un constat accablant de la situation."La politique actuelle d'austérité, qui a échoué dans une large mesure, n'est pas la bonne" peut-on lire, sans surprise. Et encore plus loin: "la situation critique actuelle a des conséquences graves pour l'économie, mais peut-être encore pire pour l'avenir de la démocratie européenne". Le texte (écrit avant les élections européennes) en fait est très politique. Il préconise des réformes structurelles, mais d'abord pour les institutions européennes, elles-mêmes: l'euro, le rôle de la BCE, les règles budgétaires, sa politique sociale. Mais il commence par ce constat qu'on pourrait trouver tout droit destiné à François Hollande: "ceux qui considèrent que les politiques d'austérité sont un désastre, et qui ont remplacé les gouvernements menant ces politiques par des gouvernements promettant de changer de cap, s'aperçoivent que ces derniers -faute de marge de manoeuvre- appliquent pour l'essentiel les mêmes stratégies, à quelques changements mineurs près". "Les citoyens commencent à juste titre, écrivent les Sages de Montebourg, à se demander quel est le sens de la démocratie, si les élections ont si peu d'effets".

Même pas mal. La bourse a très bien encaissé l'amende record de BNP Paribas. Le titre a progressé de 3,6%, hier. Les termes de l'Accord passé avec la justice américaine semblent avoir rassuré les investisseurs. Le maintien du dividende doit y être, aussi, pour quelque chose. Comme l'absence d'augmentation de capital. Les agences Moody's et Fitch maintiennent leurs nototations. La direction promet à ses salariés que l'amende n'aura aucune incidence sur l'emploi et les rémunérations. A ses clients, la banque jure que ses tarifs n'augmenteront pas. Bref, c'est "comme si de rien n'était". Dans les Echos ce matin, Jean-Laurent Bonnafé, le Directeur général de BNP Paribas estime qu'en interne "il n'y pas de sentiment d'humiliation ou de colère. Mais de la surprise et la déception qu'un événement de cette nature puisse arriver, chez BNP Paribas".

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