Hier matin, Thomas Thévenoud s'est rendu à la Poste, pour retirer une lettre recommandée avec accusé de réception. Celle qui lui a annonçé que l'administration fiscale avait décidé de le poursuivre en justice, pour fraude fiscale. Un quart d'heure plus tard, raconte-t-il, sur son portable, tombait une alerte du journal Le Monde , rendant publique, l'information. Pour lui, cette étonnante concordance des temps signe l'affaire : cet acharnement est politique. Dans Libération , ce matin, il utilise un "on", qui vise, très clairement, ses anciens amis socialistes (au pouvoir): "Derrière moi, on cache tout le reste, toutes les turpitudes. Je refuse qu'on se rachète une morale à bon compte sur mon dos ". Au téléphone hier, il n'était pas plus précis, mais invitait les journalistes à aller questionner les ministres en place, et ceux qui ont partagé, avec lui, les bancs de la Commission des Finances, à l'Assemblée Nationale. "Ils m'ont nommé au gouvernement, à l'époque, alors qu'ils connaissaient parfaitement ma situation fiscale ". Il jure qu'il ne doit "plus un centime au fisc ", pénalités comprises. Mais politiquement, avez-vous payé ? (on pense, évidemment, à son poste de député qu'il refuse de quitter), il s'agace: "Je suis frappé d'indignité nationale, je paie tous les jours ". Sur le fond, Thomas Thévenoud dénonce un "deux poids, deux mesures ". D'un côté, à Bercy, on régularise des comptes cachés en Suisse, sans avoir recours à la justice, de l'autre, dit-il, "On me poursuit, moi, pour des sommes qui n'ont rien à voir ". On parle de cent mille euros, maximum. A Bercy, on rejette en bloc "et en détail " ces accusations. D'abord, la fuite dans la presse n'est pas partie de là: "Le secret fiscal est respecté ici " jure-t-on. Tout comme la procédure: c'est l'administration fiscale,"sans instruction des ministres ", qui a saisi la Commission des Infractions Fiscales, instance indépendante. Et c'est elle, et elle seule, qui a décidé de saisir la justice du cas Thévenoud. Dans le bilan 2013 de son activité (le dernier rendu public, et qui sort en première occurence sur Google), la Commission des Infractions Fiscales explique qu'elle décide d'un renvoi en justice, en fonction de l'importance de la fraude, des procédés mis en œuvre et de l'intention frauduleuse du contribuable. Mais, elle explique aussi décider "dans le cadre d'une politique globale des pouvoirs publics ". Et elle précise réserver l'engagement des poursuites aux affaires qui présentent "un degré certain d'exemplarité ".

Cartes. Le gouvernement veut plus de paiements par carte bancaire. Selon un sondage, commandé par Bercy, une large majorité de Français souhaite effectivement utiliser, beaucoup plus souvent sa carte bancaire. Le "blocage" vient, en fait, plutôt des commerçants, qui la refusent pour les petits achats. Le ministre de l'Economie annonce qu'il va imposer aux banques la suppression de la commission fixe (interbancaire) qu'ils payent pour chaque transaction. La part variable devra, elle, être divisée, au moins, par deux. Moins de chèques : le paiement sans contact va, également, être facilité, comme le télépaiement pour certains services publics, la cantine et les crèches.

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