La nouvelle, cette nuit, n'était pas encore confirmée officiellement, à Washington, par Barack Obama, que le dollar, effectivement, partait à la hausse sur les places boursières ouvertes, c'est-à-dire en Asie. En quelques instants, le billet vert est passé de 1 dollar 48.64 (les décimales sont importantes, dans ce cas-là) à 1 dollar 47.93, à Tokyo. Face au yen, c'est la même chose: une forte hausse. A la bourse de Tokyo, un spécialiste des marchés financiers explique le mécanisme à l'oeuvre: les opérateurs estiment que la mort de Ben Laden, à tort ou à raison, lève une source d'inquiètude au Moyen-Orient. C'est ce qui a entraîné une détente immédiate des cours du pétrole, en Asie, et mécaniquement une hausse du dollar... pétrole et dollar étant, en effet, intimement liés: ils évoluent, la plupart du temps, en sens inverse: quand l'un monte, l'autre baisse et inversement. Alors la question, maintenant, c'est "est-ce que cette inversion de tendance peut-être durable?": est-ce que la mort de l'ennemi public n°1 de l'Amérique peut changer les choses. Beaucoup peuvent l'espérer, parce que le dollar, jusqu'à cette nuit, était au plus bas depuis presque 3 ans (et l'euro au plus haut, ce n'est jamais bon pour nos exportations). Le billet vert est très faible: il a perdu 17% de sa valeur depuis août dernier. Depuis le redémarrage de la "planche à billets" aux Etats-Unis. C'est d'ailleurs ce qui fait dire que l'effet "Ben Laden" sur la monnaie américaine, et plus généralement sur l'économie, pourrait être de faible durée: ce qui prime, c'est quand même bien la politique monétaire de la Réserve Fédérale américaine. A cette nuance près: alors que cette semaine, on s'attendait à voir à l'oeuvre les "vendeurs de dollars", on s'attendaient à ce qu'ils "attaquent" le seuil symbolique d'un euro pour 1 dollar 50: cette perspective s'éloigne, semble-t-il ce matin, avec l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden. Les cadres très inquiets. Pour leur situation personnelle, mais aussi et surtout pour l'avenir de la France. C'est ce qui ressort du "Baro-éco", notre Baromètre mensuel Viavoice, HEC, France Inter, Le Figaro. Les cadres interrogés, par exemple, sont de plus en plus nombreux à estimer que le niveau de vie va se dégrader, en France dans l'année qui vient. Le "retour des gros bonus". Pour les patrons des grandes banques françaises. Révélations des Echos, ce matin. Certes, ces "bonus" sont désormais en partie "différés" et seront versés "sous conditions" de résultats, mais la période de "disette" est, bel et bien, terminée. Ainsi, Frédéric Oudéa, le patron de la Société Générale, vise une rémunération totale, au titre de 2010, de plus de 4,3 millions d'euros. Au maximum, c'est plus de 5 millions que peut espérer Baudouin Prot, le Directeur général de BNP Paribas.

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