Le film commence par des licenciements "à l’américaine" dans une grande banque de Wall Street. La DRH débarque, appelle, un à un, les "sacrifiés" du jour. Ils repartent avec des indemnités, le maintien, pour un temps, de leur couverture maladie, et un carton, pour leurs effets personnels. La DRH coupe, aussi, immédiatement, l’accès au réseau informatique. Et les téléphones portables. Dans le film, le premier à partir, c’est le Directeur de la gestion des risques. Ca reviendra comme un gimmick, ensuite: personne, au sein de la banque, ne sait vraiment en quoi consistait son travail. «Expliquez-moi simplement, demande le grand patron, débarqué de son hélicoptère, «expliquez-moi, comme à un enfant, ou à un labrador». Viré, le «directeur de la gestion des risques» a laissé une clé USB à jeune trader, qui va rapidement tout comprendre: la banque est à 2 doigts de la faillite. Les opérations spéculatives qu'elle a engagées dépassent la valeur de la banque, et tout est train de plonger. Il ne reste que quelques heures, avant la réouverture des marchés, pour agir: se laisser mourir, ou tuer les autres. Les patrons de la banque sont rappelés en urgence. On tente même de joindre celui à qui ont a retiré le téléphone, le matin. Si on avait pas vécu, nous tous, cet incroyable scénario, et surtout ses conséquences économiques et sociales, on rirait. Là, on est, un peu, terrifié. «Margin Call», qui sort aujourd’hui au cinéma, raconte grosso modo, la chute de Lehman Brothers, en septembre 2008. Le casting est impressionnant: Kevin Spacey, Jeremy Irons, Demi Moore, Simon Baker («The Mentalist»). Le huis-clos, très réussi. Le suspense fonctionne. Mais ce qu’on retient, ce sont les situations, les dialogues qui racontent la dérive du système financier, le cynisme des patrons de banques, la cupidité de leurs salariés (un trader n’a pas qu’une question à la bouche, même en pleine dégringolade: «il gagne combien, lui?»). Mais, au final, c’est l’ambiguité des uns des autres (ni totalement méchants, ni totalement gentils. Mi coupable, mi victime), c’est cette ambivalence qui plaît. La morale de l’histoire ne vient d’ailleurs pas à la toute fin, mais un peu plus tôt, dans une Porsche rentrant à Manhattan. Un trader, pour s’exonérer de toute faute, lâche: «finalement, tout le monde ferme les yeux sur ce que fait la finance, parce que Wall Street donne les moyens d’acheter à ceux qui n’en n’ont pas. Si j’arrêtait de travailler, dit le trader, c'est tout le système qui s’arrêterait. Et le monde deviendrait, tout de suite, plus équitable. Mais, ça, personne ne le veut».

Bâle 3. L'Europe se penche, aujourd'hui, sur l'avenir de ses banques. A Bruxelles, on parle de la plus importante législation, depuis le début de la crise financière. De la plus complexe, aussi. Les 27 ministres de l'Economie doivent fixer les futures normes encadrant l'activité bancaire, en Europe. On appelle ça, "Bâle 3". L'idée, notamment, c'est d'obliger les banques à augmenter le niveau de leurs fonds propres. C'est une façon de limiter les risques qu'elle prennent, mais elle pourrait provoquer une réduction des crédits qu'elles accordent à l'économie réelle. C'est cet équilibre que cherchent à trouver les ministres européens.Changement de monture. Afflelou change de mains: le fonds britannique Lion capital s'apprête à prendre le contrôle de l'entreprise. Pour 800 millions d'euros, dit-on. Alain Afflelou, le fondateur, conserve ses 22% du capital.

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