"C'était une réunion en mode corrida" raconte un proche du dossier. Le représentant de Yahoo! en Europe, venu discuter avec Arnaud Montebourg, en est ressorti "douché". Et, avec cette conviction, raconte toujours cette source: "on ne peut décidément pas faire du business en France. Ce gouvernement est "trop imprévisible", ce ministre "trop hystérique". Fin de citation. C'était le 12 avril dernier. A Bercy, le ministre du redressement productif réunit, dans son bureau, Henrique de Castro (c'est lui le patron Europe de Yahoo!, un Brésilien) et un dirigeant de France Telecom-Orange, Gervais Pellissier. Au coeur de la discussion: le "deal" alors sur le point d'être conclu entre l'opérateur français, dont l'Etat est l'actionnaire principal et le géant américain de l'internet. Orange s'apprête à lui vendre 75% de sa filiale Dailymotion, le site français de vidéos en ligne dans le but d'accélérer son développement à l'international. Dailymotion est l'une des plus belles réussite française de l'internet, mais reste très loin derrière YouTube. Il doit, donc, changer de dimension, trouver de l'argent frais, mais surtout un partenaire industriel solide. Arnaud Montebourg est d'accord avec ce constat, mais refuse la méthode retenue: "il faut un accord à 50/50", pas 75/25" lâche-t-il au cours de cette réunion. Le ministre veut privilégier, dit-il alors, une alliance "à la Renault-Nissan", qui préserve l'identité des 2 groupes, et assure le maintien, en France, de la "pépite". Arnaud Montebourg confirme cette version: "Yahoo! voulait dévorer Dailymotion", dit le ministre, "il fallait empêcher ça", avant de confirmer le ton un peu "rude" de la discussion dans son bureau. Un ton, une méthode qui a, en fait, profondément choqué chez Yahoo! Qui, du coup, a décidé d'abandonner toute discussion avec les Français. Chez Orange, on est dépité: non seulement, l'accord tombe à l'eau, mais l'épisode renvoit l'image d'une entreprise directement pilotée par le ministre. A Bercy aussi, certains estiment que le ministre est allé trop loin: Yahoo! aurait pu céder "si la réunion n'avait pas pris une telle tournure". "Le signal envoyé, aux investissements étrangers est très mauvais". Pour Dailymotion, enfin, ce ne serait qu'une occasion manquée: d'autres options restent sur la table pour assurer son avenir.

Moins (1). Le salaire des grands patrons recule, cette année encore. C'était le cas déjà, en 2011. Pour 2012, selon les Echos, qui ont épluché les bilans des entreprises, on constate un recul de 4% des rémunérations fixes et variables des patrons du CAC 40. L'étude ne prend pas en compte les avantages en nature, les jetons de présence, ni les distributions d'actions ou d'options, qui peuvent rapporter aussi beaucoup. A 40, les grands patrons du CAC se sont partagés presque 93 milions d'euros. Avec des fortunes diverses (si on peut dire). Chez Bouygues par exemple, Martin, le PDG, n'a pas touché de "bonus" (-60%, au final). Fort recul encore des salaires des patrons Danone, de Michelin ou de St Gobain. C'est l'inverse chez Publicis: +33% pour Maurice Lévy, patron le mieux payé du CAC 40. Devant Jean-Paul Agon de l'Oréal, et Bernard Arnault d'LVMH.Moins (2). La BCE au secours de l'économie européenne à l'arrêt. La Banque Centrale européenne pourrait décider, aujoud'hui de baisser ses taux d'intérêt, pour tenter de relancer l'activité, dans la zone euro. De 0,75% (déjà un record au plus bas), son principal taux directeur pourrait être ramené à 1 demi point seulement.

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