"François Pérol contre-attaque", c'était le titre, hier, donné à une interview de l'ancien conseiller économique de Nicolas Sarkozy, devenu la semaine dernière, le patron des Caisses d'Epargne et des Banques populaires, qu'il est chargé de fusionner d'ici à l'été. François Pérol le réclame : "qu'on me laisse travailler, désormais" (c'est ce qu'il dit au cours de cet entretien) mais la polémique autour de sa nomination, de ce "pantouflage", n'est pas encore éteinte. Hier, Benoît Hamon, le porte-parole du Parti Socialiste, suggérait que la Commission des finances de l'Assemblée nationale se saisisse du dossier, et organise l'audition du Président de la Commission de déontologie. Deux choses, en fait, sont reprochées et dénoncées par l'opposition. D'abord, la propension du Chef de l'Etat à placer des personnes qui lui sont proches, à des postes-clés du pouvoir. Y compris économique. Ensuite, le fait que François Pérol, dans ses fonctions de conseiller du Président, a été amené à traiter de très près le dossier des Caisses d'Epargne et des Banques populaires. C'est bien ce passage, d'un côté puis de l'autre du dossier, qui soulève les questions les plus pertinentes, le "fait du prince" étant, lui, une vieille tradition républicaine ! La réponse du gouvernement, elle aussi, est double. Premièrement : il y a "urgence". Les établissements bancaires concernés vont très mal, on n'a pas le temps d'attendre. Deuxièmement : François Pérol est l'homme de la situation ! C'est vrai mais surtout parce que dans ses activités antérieures (avant l'Elysée, mais après Bercy), quand il était cette fois-ci banquier-conseil chez Rotschild et Compagnie, c'est lui qui conseillait (sans délégation de signature!) les Banques Populaires pour la création de Natixis, filiale commune des 2 banques. Et en fait, l'origine de leur débâcle. Sans l'échec catastrophique de Natixis (presque 3 milliards de pertes en 2008), il n'y aurait pas de fusion, dit-on, du côté des Caisses d'Epargne, qui perdent beaucoup dans cette affaire. François Pérol répond qu'on ne peut lui reprocher de ne pas avoir prévu la crise des subprimes. Certes. On peut, tout de même, lui rappeler qu'il est l'un des artisans de la transformation, "au pas de charge", et à ce stade "ratée", des 2 banques mutualistes, qui ont voulu rattraper les "grandes", en spéculant sur les marchés. Les petits actionnaires de Natixis, qui ont perdu beaucoup, ne lui disent pas merci. Sa nomination lui donne, en tout cas, l'occasion de réécrire sa copie. La pire récession, en France... depuis 1945 ! C'est désormais ce qu'anticipe le gouvernement : un recul du PIB allant jusqu'à 1,5% pour cette année. Le chiffre n'est pas encore officiel mais il est "lâché" par Bercy. Ces prévisions restent plus optimistes, cela dit, que celles du FMI et de la Commission européenne, qui approchent les -2%. Le déficit, rien que pour l'Etat (c'est à dire, sans compter le "trou" de la Sécu") va approcher, à lui seul, les 100 milliards d'euros. C'est 5,5% du PIB. Pas de "plan Marshal" pour l'Europe de l'Est. Les 27, réunis en Sommet hier à Bruxelles, ont rejeté la proposition de la Hongrie, qui réclame un "grand plan d'aide" pour elle et ses voisins de l'est européen, violemment touchés par la crise. L'aide ne sera accordée qu'"au cas par cas", finalement, ont décidé les dirigeants de l'Union. "Le moral des cadres". C'est le baromètre mensuel Viavoice-HEC-Réussir-France 24-France Inter. Sans surprise, il est "au plus bas", selon ce sondage, qui montre, également, que 58% des cadres interrogés se disent "solidaires" des mouvements sociaux actuels.

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