En semaine, avec la bourse ouverte, en pleine séance, l'affaire aurait, sans doute, pris une tournure bien plus grave encore. Au sein du groupe Bouygues, c'est ce qu'on se dit, et on n'ose à peine l'imaginer: "la capitalisation boursière du groupe, et celle de TF1, aurait pu être divisée par 2 en quelques minutes, une vraie tempête" dit-on. Là, tout s'est joué, samedi après-midi, sans conséquence financière donc, mais pas sans poser de très nombreuses questions. Sur la fabrique de l'information, notamment. L'histoire, maintenant, on la connait. Samedi, à 14h28, l'Agence France Presse annonce la mort de Martin Bouygues "dans sa résidence de l'Orne". La dépêche suivante précise que le maire d'une commune voisine confirme la mort de l'industriel. L'embalement, et c'est logique avec une pareille information, est immédiat: messages d'alerte sur les téléphones portables, reprises de l'info sur les sites internet, sur les chaînes télé tout-info, à la radio. A 15h13, c'est la direction de TF1, qui, la première, dément la mort de son grand patron: "il va bien". D'autres démentis suivront. Sur LCI, la chaîne du groupe TF1, un sidérant bandeau à l'écran: "Martin Bouygues est vivant". Un cadre du groupe raconte le "choc" qu'a constitué cette histoire. L'annonce, d'abord, prise au sérieux "forcément" puisqu'elle était annoncée par tous les médias! Annonce incompréhesible: "Martin était en pleine forme, au terme d'une semaine bien remplie: conseil d'administration (mardi), résultats financiers (mercredi), et la réunion des 300 plus hauts cadres du groupe (vendredi, à Challenger, au siège). Avalanche immédiate d'appels et de messages, et puis de longues minutes avant d'obtenir, un démenti: Martin Bouygues étant injoignable, lui même, assailli de coup de fils. Le groupe Bouygues a dû, ensuite, gérer cette crise "hors norme": remonter le fil de cette fausse information (qui, précisément, annonce cette fausse mort?), démentir, diffuser le démenti sur les réseaux sociaux. Dans le week-end, il faudra aussi s'occuper d'un faux compte "Martin Bouygues", créé pour l'occasion sur Twitter. Au sein du goupe Bouygues, on se dit "estomaqué" par toute cette histoire: comment une telle fausse information a-t-elle pu être diffusée? Après la gestion de la crise, ce week-end, les dirigeants de Bouygues vont faire le point en ce début de semaine pour tenter de comprendre ce qui s'est exactement passé, s'assurer qu'il n'y avait aucune malveillance, nulle part. Parce qu'on ne rigole pas avec la santé, la vie (et la mort) d'un patron du CAC 40.

En hausse. Le moral des cadres s'améliore encore! C'est le 2ème mois consécutif de hausse de notre Baro-éco France Inter Viavoice HEC Le Figaro. Le "moral des cadres" atteint un niveau jamais vu depuis le printemps 2011. Le mois dernier, il y avait un effet "post-Charlie", une réaction aux attentats de Paris... ce mois-ci, l'amélioration des indicateurs économiques est nette: les cadres sont moins pessimistes sur le niveau de vie en France, par exemple. Ou encore concernant leurs perspectives d'évolution personnelle.

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