C'est une excellente nouvelle: le marché des voitures neuves a fait un bond de 14%, le mois dernier en France: +18% pour Renault, +9,5% pour Peugeot Citoën. Toutes les marques étrangères connaissent, également, des progressions à 2 chiffres en septembre. Sur un an (mais où est donc passé la crise?), le marché automobile français a progressé de 2,4% quand l'économie du pays faisait le voyage exactement inverse: -2,2%. L'explication, on la connait: c'est la prime à la casse! Partout où elle a été instaurée en Europe, elle a permis de soutenir le marché. La Suède qui n'a pas mis en place un tel système, a vu ses ventes reculer de 15%, le mois dernier. Combinée au bonus-malus écolo, la prime à la casse en France a, sans surprise, "boosté" les ventes des modèles d'entrée de gammes: les petites citadines: Twingo, 107, et autres Polo. Elles représentent une immatriculation sur 2, aujourd'hui. On comprend pourquoi le gouvernement a décidé de maintenir cette "prime", l'année prochaine (même diminuée): une sortie progressive du système doit éviter une dégringolade brutale, comme ce fut le cas en 96, avec la fin de la "jupette". La "prime à la casse" efface, donc, la crise pour les constructeurs mais, en revanche, elle n'a aucun effet sur l'emploi. Les effectifs de l'industrie automobile en France continuent de fondre: plus de 310 000 salariés il y a 20 ans. Autour de 260 000 seulement aujourd'hui! Le décrochage date du tout début des années 2000. La faute, évidemment, aux efforts de productivité demandés. La faute aussi aux délocalisations. Et là, pour le coup, la prime à la casse (couplée au bonus-malus) accélère le mouvement plutôt que l'inverse. En réorientant les achats vers les petits modèles, on fait tourner les usines d'assemblage de Renault et PSA en Europe de l'Est et orientale. Beaucoup moins les usines française. En 2009, 1 quart seulement de la production du groupe Renault sera réalisée en France. Le constat est, du coup, terrible: le contribuable, qui finance avec ses impôts cette prime à la casse pour le bien de l'économie, en vient à aider une industrie... qui massivement délocalise! L'économie française est en "convalescence". C'est l'INSEE, dans sa "note de conjoncture", publiée ce matin, qui choisit cette image pour décrire notre situation économique. L'Institut confirme la sortie de récession au 3ème et 4ème trimestre... mais à un rythme modéré et la "rechute reste possible" dit-il, filant toujours la métaphore. Côté positif: les pays émergents tirent à nouveau la croissance mondiale, les marchés financiers sont stabilisés et les taux d'intéret restent bas. Coté négatif: la faiblesse de la reprise ne permet pas de mettre fin à la hausse du chômage. D'où la crainte d'une répercussion sur la pouvoir d'achat et donc la consommation des ménages. Les paradis perdus? Les banques françaises s'engagent à fermer leurs filiales dans les paradis fiscaux: elles l'ont annoncé, hier. Elle se conforment, ainsi, aux exigences du G20. Concrêtement, elles promettent de quitter, en mars prochain, les pays qui figureront encore sur la liste "grise" des paradis fiscaux, dressée par l'OCDE. Une liste, cela dit, contestée, par nombre d'ONG: "incomplète" selon elles. Ou "trop facile à quitter".

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