C'est dans l'épisode 13 de la première saison d'"A la Maison Blanche" ("The West Wing", en anglais) que le concept est expliqué. Dans un couloir de la Maison Blanche, à Washington, Josh Lyman, l'un des conseillers du président américain, explique à Donna, son assistante, ce qu'est le "jour des poubelles". Je résume: c'est quand la Maison Blanche balance à la presse, le même jour, toute une série de mauvaises nouvelles, un "tir groupé". Josh explique que ça permet de les diluer, de réduire leur écho médiatique. "Les journaux ont un espace limité. Une seule nouvelle prend toute la place, dit-il. 5 nouvelles se partagent l'espace". Hier matin, c'est à cette démonstration qu'on a pensé quand la Poste a rendu public son communiqué annonçant la hausse historique du prix du timbre (10 centimes d'un coup, pour le timbre rouge). Ce communiqué est tombé exactement au moment où, à Bercy, Michel Sapin et Christian Eckert, les 2 ministres chargés des comptes publics, présentaient le Budget 2015. A la hausse du prix de l'essence, du gazole, de la redevance audiovisuelle, s'ajoute, donc, celle du prix du timbre. Le risque, bien-sûr, c'est de donner l'impression qu'il y en a beaucoup. Beaucoup trop, mais pour les experts en communication, pas forcément. L'un d'eux appelle ça -l'expression n'est pas plus sympathique que l'image des poubelles-, la "stratégie du dégazage en pleine marée noire". A la Poste, on tombe des nues. Et on rejette toute volonté de ce genre. La Poste suit son propre calendrier. En aucun cas, elle ne s'est calée sur celui du gouvernement. Et en sens inverse, non plus: le gouvernement ne lui a pas demandé d'annoncer la hausse du prix du timbre, hier. La Poste l'affirme d'ailleurs: pour elle, aujourd'hui la sensibilité des Français au prix du timbre n'est plus un sujet. C'est d'ailleurs là tout son problème: on n'envoie plus assez de lettres! 18 milliards de plis par an, en 2008. Moitié moins anticipée, d'ici 5/6 ans. Les mails, les SMS prennent le dessus. Le trafic diminue donc, mais les coûts de distribution -surtout quand on veut que sa lettre arrive dès le lendemain- restent élevés. L'augmentation du prix du timbre, dans ces conditions, est inéluctable. Validée par le régulateur, qui seul décide d'ailleurs. Peu importe, au final, le jour où il faut l'annoncer!

Hausse encore. Le prix du gaz va continuer à augmenter. Hier, les tarifs réglementés du gaz ont bondi de 3,9% pour 8 millions de clients. Et ce n'est pas fini. La Commission de Régulation de l'Energie vient de publier les derniers indices gaziers sur les marchés de gros du gaz naturel. Avec l'hiver (qui approche), en raison aussi de la crise russo-ukrainienne (qui créé de l'incertitude), ces indices restent toujours orientés à la hausse. Selon Les Echos, ça donne une nouvelle hausse de plus de 2,3%, dès le mois prochain. Entre janvier et septembre, ces mêmes tarifs avaient reculé de presque 7%.

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